Festival de Cannes 2005
Après le succès de son blog concernant le festival de l'an passé, Richard, son auteur, a décidé de remettre ça cette année. Vous pourrez donc suivre le 58ème festival de Cannes depuis ce blog. Une bien bonne nouvelle !
Butterfly Murders
Des
meurtres mystérieux ont lieu dans un château : des centaines de
papillons s'attaquent aux gens, ne laissant que des cadavres sur leur
passage. Désespéré, le maître des lieu appelle à l'aide les puissants
guerriers de la région...
Première réalisation de Tsui Hark en 1979, Butterfly Murders
n'en est pas moins un film très réussi. Si l'histoire s'avère quelque
peu chaotique, le spectacle est - par contre - parfaitement maîtrisé.
Ainsi, la première partie du film met en place les pièces du puzzle
dans la grande tradition des récits d'enquête. De part le grand nombre
de personnage et la narration étrange du récit, il est certains que
quelques spectateurs se retrouveront complètement largué par une telle
exposition. (il est par exemple question de 72 clans s'affrontant pour
le pouvoir..!?) Heureusement, grâce à l'arrivée de nouveaux personnages
particulièrement jouissifs (d'habiles combattants très charismatiques),
la seconde partie nous emmène vers des scènes d'actions explosives qui
ont vite fait de récupérer les spectateurs un peu perdus. Finalement,
si Butterfly Murders explore de nombreux genres
cinématographiques occidentaux (western, film policier et d'horreur
italien à la Bava), il est difficile de retrouver les traces des
oeuvres de kung-fu classiques de la Shaw Brother dans ce gigantesque
défouloir décomplexé.
Ainsi, Butterfly Murders, se pose encore de nos jours comme une oeuvre unique et déconcertante, un cocktail étonnant à (re)découvrir.
Metamorphosis : The Alien Factor
Petit film d'horreur américain faisant suite au beaucoup plus connu The Deadly Spawn, Metamorphosis est l'archétype de la production B complètement fauchée mais particulièrement distrayante.
Alors
qu'il mène des expériences génétiques à partir de fragments de tissus
extra-terrestres, le professeur Michael Foster se fait accidentellement
mordre par un des mutants de sa création. (une sorte de batracien
dégoulinant!) Il s'en suit alors une terrible transformation
incroyablement douloureuse qui, au terme de plusieurs semaines, aura
transformé le malheureux en monstre géant carnivore de plus de 3 mètres
de haut.
Seule et unique réalisation de Glenn Takakjian (qui signe aussi le scénario), Metamorphosis
tente tant bien que mal de s'incruster dans la catégorie des bons films
de mutation. Catégorie très fermée certes, mais qui dénombre tout de
même quelques perles comme La Mouche (David Cronenberg, 1986) et... en fait, c'est pratiquement le seul si on exclut Le Continent des Hommes Poissons
de Sergio Martino et d'autres joyeusetés du même accabit. Il y avait
donc bel et bien une place à prendre ! Et on peut dire que Metamorphosis
s'en sort avec les honneurs. Déjà, cette histoire assez barrée permet à
Takakjian d'accumuler un nombre impressionnant d'atrocités : un chien
mutant réellement répugnant, du gore en veux-tu en voilà, etc. Ensuite,
le décor très simple - limité à 2 ou 3 pièces différentes et 3 couloirs
- est parfaitement exploité et sert des effets spéciaux délicieusement
rétros. On pense notamment aux effets de stop motion utilisés pour
animer les créatures ; ceux-ci trahissant par la même occasion
l'étroitesse du budget. Quant aux acteurs, ils vont du franchement
correct au vraiment minable mais, ce n'est pas vraiment un problème, ce
défaut étant souvent une constante pour ce type de production.
Finalement, sans être vraiment à la hauteur des grands films d'horreurs hollywoodiens, Metamorphosis : The Alien Factor touche son but (distraire!) et conviendra normalement à l'amateur de série B qui sommeille en vous.
Un an déjà !
Mon premier message date déjà d'un an. J'espère bien pouvoir continuer encore un an de plus et je remercie tous ceux qui me lisent régulièrement.
Dans les choses amusantes, on peut noter que le titre de ce blog "Focale Cinéma Weblog"
n'était pas définitif (il l'est devenu par la force des choses, n'ayant
pas trouvé de titres aguicheur) et que je ne savais vraiment pas
comment j'allais remplir ces pages... D'ailleurs, les premiers messages
étaient essentiellement composés d'infos diverses alors qu'on remarque
maintenant beaucoup plus de textes sur des films particuliers. Bref, on
peut s'attendre encore à certains changements suivant mon humeur !
A très bientôt.
ps : j'en profite pour rappeler que les archives des textes de 2004 sont dispo au format PDF.
Dr. Jekyll et Mr. Hyde
Le docteur Henry Jekyll est un chercheur qui tente des expériences
scientifiques sur l'esprit humain. Son but est d'exposer le
subconscient humain enfoui en chacun de nous. Après avoir mis au point
une potion et l'avoir testée sur sa propre personne, Henry Jekyll se
métamorphose en un autre homme : le terrible Mr. Hyde.
Réalisé en 1920 par John S. Robertson,
ce film muet (et noir et blanc) américain qui nous montre les déboires
du fameux docteur Jekyll est loin d'être la première adaptation
cinématographique de l'histoire de Robert Louis Stevenson. En effet, on
dénombre de nombreux films reprenant ces personnages dès le Dr. Jekyll et Mr. Hyde
de1908. Bien qu'on ne dispose plus de trace de ce film, il semble
néanmoins qu'il a bel et bien été tourné. Il faut ensuite attendre peu
de temps, puisque les adaptations s'enchaînent ensuite très rapidement.
Ainsi, en 1910, le Danemark produit sa version, ensuite les États-Unis
remettent de couvert en 1912, 1913, 1920 et ainsi de suite jusqu'à un Jekyll + Hyde annoncé pour 2005. Le mythe semble donc inépuisable.
Dans
la version qui nous intéresse ici, c'est John Barrymore qui interprète
avec conviction le célèbre docteur. Si le film ne nous réserve que peu
de surprise, il faut cependant ne pas oublier qu'il a été réalisé en
1920. On peut ainsi facilement concevoir qu'à l'époque le film a sans
doute fait son petit effet grâce au jeu outrancier de Barrymore, aux
maquillages et aux effets spéciaux sommaires qui constituent la
transformation de Jekyll en son double maléfique, Hyde.
Sans être passionnant, ce Dr. Jekyll et Mr. Hyde
se révèle plutôt plaisant malgré un manque de rythme évident. La
première partie du métrage est carrément trop longue et on finit par
attendre avec impatience la première apparition du monstre.
Cependant,
ce film de Robertson constitue une bonne distraction pour quiconque
désire découvrir l'une des premières adaptations du roman de Stevenson.
Freaks, la Monstrueuse Parade
Un
cirque fait travailler une troupe de "monstres" (homme tronc, nains,
etc.) pour animer des spectacles pendant les représentations.
Cleopatre, la plus belle femme du cirque, décide de séduire Hans, le
nain, pour mettre la main sur sa fortune personnelle. Malheureusement
pour elle, les autres monstres ne l'entendent pas de cette oreille...
Réalisé par Tod Browning en 1932, Freaks, la Monstrueuse Parade
devait être le film d'horreur le plus terrifiant de tous les temps. Le
résultat semblant trop dur, le film est interdit un peu partout dans le
monde et sombre petit à petit dans l'oubli. Ressorti d'un carton en
1962, Freaks est re-projeté au cinéma dans une
version tronquée de 30 minutes. C'est à cette occasion que le métrage
obtient ses lettres de noblesses. La version intégrale semblant
définitivement perdue, c'est la version de 1962 qui est visible
aujourd'hui.
Malgré son âge, le film n'a pratiquement rien perdu de son impact. Aujourd'hui, Freaks
reste encore une oeuvre troublante au message bouleversant. En plaçant
le spectateur dans la peau d'un voyeur (les nombreuses scènes
d'exposition en témoigne), Browning nous met réellement mal à l'aise.
Étrangement, c'est la vengeance finale des monstres qui nous rappelle
que nous sommes tous égaux ! Un final éprouvant dans lequel les
victimes (des personnes normalement constituées) se retrouvent à ramper
dans la boue comme les freaks ; tous les personnages se retrouvant sur
un pied d'égalité. Et c'est finalement l'un des messages les plus
troublant de ce film : tout les hommes sont égaux quand il s'agit
d'être cruel envers son prochain...
Plus qu'une ode à la tolérance mise en scène magistralement par Browning, Freaks, la Monstrueuse Parade est un film simplement essentiel, un classique indémodable.
Des chaussures, des images
Alors que des chaussures de sport sont capables de faire 5 millions de calculs à la seconde, je viens de réaliser que, finalement, je ne trouvais pas de raison valable pour ne pas vous proposer une illustration pour chaque article mis en ligne. Ce message fait echo à un message ancéstral que je n'ai pas retrouvé. Voilà, aucun rapport donc avec les chaussures intelligentes (la seule chose intelligente effectuée pour la promo de ce produit c'est d'avoir choisi Spike Jonze pour s'occuper de la pub). Oui, je sais, j'ai vraiment du mal le dimanche...
Les Guerriers de l'Apocalypse
Le Japon, les années 70. Alors qu'ils partent faire des manoeuvres
sur une plage, un groupe de militaires se retrouve projeté dans le
temps, débarquant en pleine guerre des seigneurs au Japon féodal.
Bientôt, une question se pose : doivent-ils prendre part aux conflits -
au risque de changer le cour de l'histoire - ou attendre une
hypothétique nouvelle faille temporelle qui leur permettrait de
retourner à leur époque ?
Les Guerriers de l'Apocalypse, réalisé en 1979 par Kosei Saito, est devenu un classique du cinéma fantastique japonais. Le chef des militaire est magistralement interprété par Sonny Chiba (Kill Bill Vol. 1) qui compose un personnage attiré par le pouvoir, au risque de perdre toute notion du risque.
Si
l'histoire reste plutôt prenante (bien qu'elle s'essouffle vite), les
affrontements remarquables constituent le principal intérêt de ce film.
En effet, ces batailles sont suffisamment impressionnantes pour capter
instantanément l'attention du spectateur. Et pour cause, on y voit le
régiment de l'armée japonaise (aidé par un char d'assaut, un
hélicopter, et des munitions plus que suffisantes!) livrer combat
contre des centaines de samuraïs armés de sabres, arcs et flèches !
Malheureusement,
entre deux affrontements épiques l'ennui fini par s'installer. La
raison en est simple : Kosei Saito choisi d'accumuler des scènes sans
grande utilité afin de développer plus amplement les personnages. Peine
perdue, puisqu'au final on se retrouve peu concerné par les
sous-intrigues du récit. Mais, finalement, il serait absurde de
dénigrer Les Guerriers de l'Apocalypse tant le spectacle qu'il propose est ébouriffant.
Sengoku Jieitai (de son titre original) devrait réjouir sans mal les fans de ciné d'action-fantastique.
PS : le film était sorti en France et dans bien d'autres pays dans une version écourtée d'environ une demi-heure. C'est la version intégrale éditée en DVD aux Etats Unis sous le titre G.I. Samurai qui est chroniquée ci-dessus.
Faites une bonne action !
Suite au message du lundi 28 mars de Miss Vodka, je me permet de relayer cette information. Le site Aquaplastic à lancé une opération qui permet d'aider l’ONG à fournir une eau et un système sanitaire sûrs et propres aux Ethiopiens.
Voici l'annonce parue sur leur site :
Plus d’un milliard de personnes, un sixième de la population mondiale, n’ont pas accès à de l’eau potable.
Sur le site Aquaplastics, l’industrie européenne des plastiques et WaterAid s’associent pour tenter de remédier à ce problème.
A chacun de vos clics, l’Industrie européenne des plastiques donnera 10 cents à WaterAid, pour aider l’ONG à fournir une eau et un système sanitaire sûrs et propres aux Ethiopiens. 150.000 euros pour WaterAid, c’est un million et demi de "clics", avant le 22 juin 2005.
Un petit clic vaut autant qu’un grand geste : vous pouvez nous aider en cliquant ici une fois par jour. Cela ne vous coûtera rien et cela rapportera de l’eau à ceux qui en ont besoin !
Je vous invite donc à vois rendre chaque jour sur le site (et cliquer bien sûr) jusqu'à ce que l'opération soit finie.
964 Pinocchio
Relâché par une cliente mécontente, Pinocchio -un jouet sexuel perfectionné et fabriqué sous le manteau- ère dans la ville. Bien vite, il fait la rencontre d'une marginale, Himiko, qui le prend en main et s'occupe de lui. Alors que le fabriquant des androïdes sexuels dont fait partie Pinocchio est partie à sa recherche, celui-ci est tourmenté par son passé...
964 Pinocchio est un OVNI qui nous arrive tout droit du Japon. Après le succès du film Tetsuo, un tas de cinéastes expérimentaux se sont engouffrés dans la brèche. Ce film hystérique en est l'un des principaux rejetons. Réalisé par Shozin Fukui, cette oeuvre fortement dérangeante était précédée d'une réputation de film extrêmement choquant. Alors qu'en est-il réellement ?
Et bien, on peut dire que niveau sensations on a en a pour notre argent. Et c'est à peu près tout ce que le 964 Pinocchio nous propose : des sensations.
La bande son est agressive, la caméra virevolte comme on l'avais rarement vu (surtout dans la deuxième partie du film), et les acteurs se donne à fond (la fille vomit pendant plusieurs minutes). Seulement voilà, l'histoire incompréhensible ne facilite pas l'accès au film. Au début, on se fait chier car il ne se passe rien et tout d'un coup ça commence à partir dans tous les sens jusqu'à une accélération finale ébouriffante et tonitruante qui a tendance à laisser le spectateur sur place (ce qui doit être le but de ce film).
Du coup, on a l'impression d'être un peu à part. Il y a le film sur un écran et la personne dans son siège qui regarde ça un peu amusée, un peu gênée - voir littéralement choquée - mais surtout pas concernée du tout. On a plutôt tendance à laisser défiler le film et attendre la prochaine scène choc. Ceci constitue la principale faille du film contrairement à un Tetsuo bien plus immersif ou Electric Dragon 80000V qui se révélait nettement plus divertissant.
Finalement, 964 Pinocchio laisse un étrange sentiment de malaise et l'accumulation de scènes chocs marque le spectateur pour un moment ; ce qui n'est déjà par si mal. En définitive, ce film de Shozin Fukui est un étrange trip expérimental épuisant et déconcertant. C'est une expérience, c'est sûr, mais certainement pas une oeuvre cyberpunk indispensable.

