Colorado
Corbett, un brillant chasseur de prime, part à la recherche d'un mexicain accusé d'avoir violé et tué une enfant. Malheureusement pour Corbett (majestueux Lee Van Cleef), Cuchillo (le mexicain interprété par Thomas Millan) est bien plus difficile à arrêter que ses dernières proies.
Réalisé en 1967 par Sergio Sollima, Colorado (La Resa dei Conti de son titre original) marque le western spaghetti par son orientation volontairement plus sérieuse que la concurrence. En effet, si la plupart des westerns de la même époque se contentent d'aligner des histoires d'argent sans grand intérêt (l'originalité étant surtout visuelle), Colorado glisse largement sur le chemin de la politique. Ainsi, pour l'une des premières fois dans l'histoire du western, la mentalité américaine est volontairement mise à mal, les entrepreneurs américains étant décris comme des êtres sans scrupule prêt à tout pour s'enrichir. Sollima va même plus loin dans la désacralisation du genre, puisque le véritable héros de cette histoire - Cuchillo - est incapable d'utiliser un pistolet. Ce dernier réglera alors ses comptes avec son adversaire en utilisant un couteau lors d'un duel d'anthologie. Car, on l'a bien compris, à la place d'une pale copie d'un film de Sergio Leone, Colorado se situe plutôt du côté de la re-définition d'un genre, voir de la transgression.
Pour ne pas trop décontenancer le spectateur, on retrouve tout de même une tête très connues en haut de l'affiche : Lee Van Cleef. Ce dernier y donne la réplique à Thomas Millan dans l'un de ses premiers grand rôles.
Colorado est donc un western indispensable qui connu un grand succès lors de sa sortie. Une oeuvre majeur qui traça la voie pour des films comme Le Dernier Face à Face (sorte de prolongation des thèmes de Colorado, toujours par Sergio Sollima), El chuncho ou encore du magnifique Il Etait une Fois la Révolution de Sergio Leone.
Coup de coeur
Un nouveau lien a fait son apparition dans la colonne de gauche. Le coin du cinéphage est un blog rudement bien rédigé qui parle de cinéma (forcément) et qui fait la part belle à l'actualité. Je vous conseille fortement d'aller y faire un tour, surtout si vous attendez avec impatience des films comme Les Poupées Russes (la suite tant attendue de l'Auberge Espagnole) ou que vous vous demandez ce que valent Lemming, Brice de Nice (enfin, je vous le déconseille quand même) et co. Bref, à ne pas manquer.
Razorback
Alors qu'un vieux chasseur dit bonsoir à sont petit fils, un sanglier géant surgit de la campagne australienne pour emmener l'enfant au loin. Même s'il clame son innocence, le vieil homme est fortement soupçonné d'avoir tué l'enfant. Devant le manque de preuve, l'homme est relâché. Quelques années plus tard, alors que le chasseur passe sont temps à tuer tous les sangliers qu'il croise, une jeune reporter vient enquêter sur la chasse au kangourous...
Sorte de mélange entre Les Dents de la Mer et Massacre à la Tronçonneuse, Razorback est un sympathique petit film autralien réalisé en 1984 par Russell Mulcahy. Alors clippeur talentueux, le futur réalisateur de Highlander tourne son film de monstre en s'évertuant à donner une véritable atmosphère à son film. Ainsi, la photographie de Razorback - brillamment orchestrée par Dean Semler - offre une vision étonnante et envoûtante de la campagne australienne. Car, plus que l'histoire, c'est l'ambiance du métrage qui permet au spectateur de passer un bon moment. Une ambiance d'ailleurs fortement inspirée par Massacre à la Tronçonneuse (les deux frangins frappés renvoient directement à la famille de Leatherface) qui place le héros entre les "rednecks" du coin et le sanglier sanguinaire. Devant la caméra, on retrouve un Gregory Harrison (qui tourne presque exclusivement pour la télé) convainquant qui donne la réplique à la jolie Arkie Whiteley (entre-aperçue dans le génial Mad Max 2). Bref, rien de vraiment excitant de ce côté.
Sans être une tuerie dans le genre des films avec prédateur, Razorback se permet quand même une grande audace formelle (filtres de couleur et fumigènes omniprésents) qui permet au film de Russell Mulcahy de garder encore un intérêt certain aujourd'hui.
L'Abîme des Morts Vivants
Un groupe d'ados partent à la recherche d'un trésor enterré dans une oasis par des soldats nazis de la seconde guerre mondiale. Malheureusement pour eux, ils vont découvrir que même morts, certains soldats continuent de protéger leur trésor...
Réalisé par un Jesus Franco qu'on a connu beaucoup plus en forme (Une Vierge chez les Morts Vivants ou l'Horrible Docteur Orlof), l'Abîme des Morts Vivants est un véritable supplice pour tout amateur de films de zombies qui se respecte. Oubliez donc la Nuit des Morts Vivants, L'Enfer des Zombies et autres Zombie, ce film là ne ressemble à rien de tout ça. Cela ne serait pas forcément un mal si l'on ne s'ennuyait pas tant ! Non seulement, l'intrigue est inexistante et l'interprétation souvent inférieure au minimum syndical, mais visuellement la mise en scène est souvent désastreuse. On ne s'étonnera donc pas de trouver des scènes entières sensées se passer la nuit se dérouler de jour avec une armée de morts-vivants constituée de 3 ou 4 hommes grossièrement maquillés. Heureusement, quelques éclairs de génies arrivent à sortir le spectateur de sa torpeur, comme les magnifiques plans des zombies au dessus des dunes de sable le tout sur fond de couché de soleil... Trente secondes de bonheur pur noyé au milieu de 82 minutes désastreuses. Dommage.
Finalement, il n'est pas étonnant d'entendre Jesus Franco annoncer lui-même qu'il déteste les zombies. Des personnages horrifiques peu crédibles et surtout pas assez dangereux à son goût. L'Abîme des Morts Vivants est donc un film à éviter à tout prix.
Peter Jackson, from prince of splatter to lord of the rings
Cette biographie non autorisée (à lire en anglais) écrite par Ian
Pryor permet aux fans de Peter Jackson d'apprécier en détail les grands
moments de la carrière du réalisateur du Seigneur des Anneaux.
Si
les plus accros au réalisateur néo-zélandais risquent de ne pas
apprendre grand chose, les récits des tournages de ses premiers films
sont tout de même mémorables. Des années de galères sur Bad Taste ou Les Feebles en passant par le détournement d'ordinateurs de Fantômes Contre Fantômes pour aller finir les effets spéciaux numériques de Forgotten Silver,
vous saurez à peu près tout ! Par contre, le passage consacré à la
trilogie de Tolkien se veut beaucoup plus succinct. D'une part, Ian
Pryor a fini la rédaction de son livre avant la sortie en salle des Deux Tours.
Et surtout, la promotion des films et le filtrage des informations
données aux journalistes ont été tellement bien organisés, que Ian
Pryor n'a pas d'information supplémentaire à ce que l'on peut trouver
sur les DVD des films.
Ce livre nous permet aussi de découvrir une
face de la personnalité de Jackson qui restait assez floue jusqu'à
présent. En effet, il semble que celui-ci entretienne des relations
assez conflictuelles avec la presse. On apprend alors qu'il a déjà
refusé des entrevues à des journalistes qui avaient écrit des mauvais
articles sur ses films... Chose sans doute assez courante dans la
profession.
Enfin, on apprend que si Ian Pryor était présent sur la
plupart des tournages de Jackson, le réalisateur n'a pas cautionné de
livre. Peter Jackson préparerait lui même sa biographie. On peut
espérer alors que le cinéaste reviendra en détail sur des points encore
un peu flou de sa vie, comme son enfance ou sa collaboration avec Fran
Walsh (qui est aussi sa femme).
Ce bouquin est donc indispensable à ceux qui désirent tout savoir sur les premiers films de Peter Jackson (de Bad Taste à Forgotten Silver). Par contre, From prince of splatter to lord of the rings n'apporte pas grand chose aux fans du Seigneurs des Anneaux. Si vous vouez un culte à Braindead, Bad Taste ou Les Feebles, vous savez désormais ce qu'il vous reste à faire.
Cannes mon amour
Si le festival de Cannes a réussi à me faire rêver il y a quelques
années, c'est désormais avec pas mal d'angoisse que j'attends les
réactions de la presse et du jury.
Comment expliquer qu'un film comme
Crash se fasse huer ? Comment retrouver le bonheur de voir un film
comme Sailor et Lula primé ? Certes, le jury a décerné un prix prestigieux au tourmenté Old Boy
l'année précédente ; mais cela constitue pratiquement une exception. De
plus, bien qu'étant une oeuvre intéressante dans sa construction
émotionnelle, Fahrenheit 9/11 n'a pas l'étoffe d'un
grand film et encore moins d'une palme d'or. La direction du festival
n'est pas responsable de cette erreur et je ne la blâme pas. Par
contre, elle est responsable de la sélection... Parlons en un peu
d'ailleurs.
Cette année, nous avons droit - entre autre - à un
Cronenberg, un Jarmush, un Gitaï, un Wenders, un Haneke, et même un
Lars Von Trier (continue, tu vas bien finir par l'avoir ta nouvelle
palme!). Côté nouveauté (parce que sinon ça se voit trop que c'est du
copinage) on a droit par exemple au premier long de Tommy Lee Jones, au dernier
Rodriguez avec Sin City ou encore à un Johnny To. Ouais, pourquoi pas. Enfin, on ne trouve rien de bien excitant, vous en conviendrez.
On
peut se demander comment on en est arrivé à cette sélection. La réponse
est simple et se trouve dans le dossier de presse du festival de Cannes
(trouvable sur le site officiel) : plus de 1500 films ont été présentés
aux organisateurs cette année. En ces conditions comment choisir
sachant qu'il est humainement impossible de tout voir ? C'est simple :
on joue la carte de la sécurité. Gilles Jacob s'en défend mais son explication ne tient pas vraiment la route ; jugez plutôt : «
Nous avions l’an dernier l’opportunité d’inviter de nombreux jeunes
cinéastes en compétition, nous l’avons fait. Nous avions la possibilité
de confirmer l’émergence du documentaire et du cinéma d’animation, nous
l’avons fait également. La production de l’année se présentait comme
telle, la sélection s’en fit l’écho. En 2005, l’année cinématographique
est différente, la sélection le sera aussi. » Oulalalala, quelle triste
année cinématographique, aucun jeune cinéaste n'a voulu faire de film
et le présenter à Cannes, c'est vraiment pas de chance...
Donc, que
peut-on attendre du festival de Cannes ? Tout et rien. J'ai l'air con
maintenant, mais je ne vais pas dire du mal de films que je n'ai pas
vu. Donc, si les films sont de qualités, tout le monde sera content. Néanmoins, je trouve cette sélection très décevante.
Tout ça pour en arriver où mes chers lecteurs ? Pour en arriver à
l'information que je voulais faire passer au début de la rédaction de
ce message : ma sélection de sites Internet dédiés à Cannes.
Donc Plume-Noire, Ecran Large, DVDrama (faites gaffe, ils hallucinent un peu des fois), ce blog ou celui de Paul Hemic et Ecran Noir.
Cette sélection étant non-exhaustive, je vous invite d'ailleurs à me
faire part de vos liens préférés sur Cannes 2005. Si avec tout ça, on
arrive pas à suivre le festival, c'est qu'on est vraiment pas doué !
Histoires de Cannibales
Un
jeune policier débarque dans un village habité par des gens au
comportement étrange (la vue d'un étranger les rend complètement
hystériques). Bien décidé à mettre la main sur un dangereux criminel
appelé Rolex, il demande l'aide du chef de la police local.
Malheureusement pour le héros, les autochtones feront tout leur
possible pour qu'il se retrouve dans leur assiette...
Réalisé par Tsui Hark en 1980, Histoires de Cannibales est la réponse du maître du ciné de Hong-Kong à la mauvaise réaction du public face à son premier film : Butterfly Murders.
Visiblement décidé à secouer le spectateur, Tsui Hark monte son
histoire comme un enchaînement pratiquement ininterrompu de séquences
gores matinées de kung-fu avec des scènes de comédie policière parfois
improbables (le malfrat Rolex vient révéler son identitée au policier
pendant que ce dernier prend une douche, l'accueil réservé au héros par
ses collègues policiers du village, etc.). Mais plus que la bonne
ambiance grotesque qui règne sur le film, on peut aussi y voir quelque
chose de plus profond. En effet, sous couvert d'un bric-à-brac
référentiel, Hark nous décrit une société devenue folle dans laquelle
les hommes doivent se manger entre eux pour survivre ; une société peut
être pas si éloignée que ça de la notre...
Finalement, si Histoires de Cannibales
péche par quelques fautes de goûts déconcertantes, comme une baston sur
patin à roulette qui pourra paraître un peu trop longue, on ne peut que
se jeter joyeusement sur ce film barré et visuellement maîtrisé du
futur réalisateur de Zu et de The Blade. Forcément à (re)découvrir !

