DiG !
D'un côté nous avons le groupe de musique rock pysché le Brian Jonestown Massacre et de l'autre les Dandy Warhols. Le documentaire Dig! (réalisé par Ondi Timoner en 2004) nous propose un voyage de 7 ans en compagnie des deux rock bands, à la fois frères et ennemis. Un voyage dans lequel on va voir le Brian Jonestown enregistrer des disques cultes pour 17$ et les Dandy Warhols acheter leur popularité à coup de clips à 500000$. Bienvenue dans le monde du rock'n roll.
Plus qu'une simple chronique sur des groupes de rock, Dig! est une véritable réflexion sur les liens qui peuvent exister entre la création artistique et le succès commercial. Si les deux groupes débutent sur la même scène en étant très proches, l'amitié qui les unit va finalement se briser petit à petit, à mesure de l'ascension des Dandy Warhols. Car, si ceux-ci réussissent à imposer leur musique, le Brian Jonestown rame sévèrement pour gagner de quoi vivre. Incapable de gérer au minimum une tournée sans piquer une grosse crise et molester la moitié de son groupe, leur leader, Anton Newcombe, est décrit comme un génie maudit, un artiste impossible à vivre ne voulant rien faire qui pourrait compromettre sa musique. Contrairement à lui, Courtney Taylor (leader des Dandy Warhols) s'occupe au mieux de ses affaires et gravit pas à pas les échelles du succès. Ainsi, Taylor gagne beaucoup d'argent mais se trouve incapable d'innover musicalement autant que Newcombe alors que ce dernier fait la musique qu'il aime mais envie le succès des Dandy...
C'est vrai, Dig!, sans aller jusqu'au bout des choses, se permet une vraie réflexion sur le système musical actuel (on nous apprend, par exemple, que seulement 10% de la production musicale est rentable et rembourse alors le coût des 90% restant!). Mais, finalement, on préférera sans doute voir dans ce documentaire un bon moment de rock'n roll, un divertissement de première qualité.
Entertainment Wickedly #1
L'association Sin'Art nous fait part de la sortie d'une nouvelle publication.
Entertainement Wickedly est disponible en anglais et se propose de nous tenir informer de l'actualité du cinéma alternatif. Au menu, un dossier sur Uncut Movies (dont je parlais il y a peu), une interview de Georges A. Romero à propos de ses zombies et plein de reviews (Antropophageous 2000, Spider Babe, Blood Sisters, etc.).
Difficile de se priver d'un aussi joli programme, gratuit qui plus est !
Ciné Horreur 5 et Sueurs Froides
Comme d'habitude, l'équipe de Ciné Horreur nous livre un nouveau numéro sympathique comportant une interview de H. G. Lewis !
J'en profite aussi pour signaler la disponibilité du nouveau numéro du webzine Sueurs Froides. Un nouvel ouvrage de plus de 100 pages plein à craquer qui vous permettera de bien finir l'été.
Tous ces documents sont disponibles au format PDF et téléchargeable gratuitement.
Uncut Movies
Même si je ne suis pas spécialement client (plus par manque d'argent que par envie), Uncut Movies est une initiative à soutenir si on ne veut pas perdre les distributeurs indépendants qui osent prendre des risques par amour du cinéma. Ils sont spécialistes du cinéma (le plus souvent trash) indépendant et mettent un point d'honneur à sortir des titres inédits en vidéo.
Continuez les mecs, dès que j'ai du fric je me prend Plaga Zombie : Zona Mutante !
Une Créature de Rêve
Tout
commence lorsque deux lycéens ont l'idée loufoque de créer la femme de
leur rêve grâce à l'outil informatique... Bien sûr, l'idée n'est pas si
bête puisqu'ils y parviennent ! Une très jolie dame nommée Lisa leur
vient alors en aide pour se faire accepter par leur camarade de classe
et, par la même occasion, résoudre quelques problèmes adolescents...
Agréablement mis en scène par John Hughes en 1985 (La Folle Journée de Ferris Bueller c'était lui aussi) Weird Science (ou Une Créature de Rêve
en français) est un teen-movie comme on en fait plus maintenant. Si il
est bien sûr question de sexe et autres fantaisies, le métrage dévie
rapidement vers le grand n'importe ! Outre un Bill Paxton
interprétant un jeune militaire très strict disposant d'un phrasé
assez douteux, nous avons aussi droit à une ribambelle de séquences
toutes plus folle les une que les autres : un missile nucléaire sort du
sol de la maison, il neige dans une chambre, des bikers évadés de Mad Max 2
viennent foutre la merde dans une fête et les héros roulent en Porsche
et Ferrari ! Nous sommes donc clairement dans le cadre du film de SF
pour adolescent dont la principale motivation est de nous faire rire.
Et ça fonctionne plutôt bien dans l'ensemble. Dans les rôles
principaux, on retrouve aussi Anthony Michael Hall (vu récemment comme héros de la série Dead Zone) et Ilan Mitchell-Smith qui semble avoir mis un terme à sa carrière... On peut aussi noter qu'une série TV de 88 épisode intitulée « Code Lisa » en France a été tirée de Weird Science presque 10 ans après (1994).
Comme à son habitude, John Hughes nous a concocté un divertissement sympathique mais pas exceptionnel. A voir tout de même !
Mensonge promotionnel
Alors que le film The Island sort demain, la promo s'organise plutôt bien sur le petit écran. Par exemple, un sujet sur ce nouveau divertissement de Michael Bay a été diffusé ce week end sur France 2
pendant le journal de 20h. Il me semble que c'était dimanche. La
journaliste enthousiaste (Françoise Laborde), et c'est son droit, a
sans doute parfaitement décrit les points forts de The Island : un
scénario de SF, de l'action spectaculaire et un duo d'acteurs
charismatiques (Ewan Mc Gregor et Scarlett Johansson).
Quel
était donc l'intérêt pour Françoise Laborde de mentir à ses spectateurs
en leur précisant que le film avait du succès outre-atlantique ?
Car, The Island a bel et bien été un échec pour Michael Bay et le studio DreamWorks. Avec un peu plus de 34M$ de recette pour un budget avoisinant les 125M$, je parlerais plutôt de désastre financier...
Mais voilà, dire cela au spectateur moyen équivaut à tuer aussi les
chances de ce film sur le territoire français. Il était donc dans
l'intérêt économique du film de dire qu'il avait un grand succès aux
Etats-Unis ! Et, une fois de plus, c'est l'information qui en souffre.
Il existe aussi le mensonge par omission qui est de taire le fait qu'une action en justice contre DreamWorks a été entreprise par les producteurs du film Clonus
pour plagiat. Mais, cette fois, on ne peut pas en vouloir à madame
Laborde de ne pas nous en avoir informé, il aurait en effet fallu être
capable de lire l'anglais pour trouver cette information...
Encore un film gratuit ?
Et oui, il semble bien que Le Mécano de la Generale soit disponible en téléchargement gratuit sur le site Archive.org.
Malheureusement, la copie semble bien mauvaise et je n'ai aucune
information précise à propos des droits d'exploitation pour ce film en
France. Je ne sais donc pas si les cinéphiles français ont légalement le
droit de télécharger gratuitement ce film. Dans le doute, renseignez-vous !
Citizen Kane
Le
richissime Charles Foster Kane vient de décéder dans son château
délirant appelé Xanadu. Si sa vie a été bien remplie par ses affaires,
quelles soient politiques (il s'était présenté à l'élection de
gouverneur), professionnelles (il était directeur d'un grand journal)
ou sentimentales (il a épousé deux femmes), ce sont belles et bien ses
dernières paroles qui font couler le plus d'encre. En effet, quelle
peut bien être la signification des mots « Rosebud » (« bouton de rose
» en français) ? C'est à cet effet, qu'un reporter est sommé d'aller
interviewer les personnes qui ont bien connu Kane.
Premier long métrage d'Orson Welles, Citizen Kane
a marqué son temps. Sorti en 1941, cette production RKO a tout d'une
révolution cinématographique. De part sa mise en scène inventive (la
caméra part observer l'intérieur d'un maison en passant par le toit,
etc.) ou sa direction d'acteur excellente (la plupart des comédiens
venaient d'ailleurs du théâtre), Orson Welles a apporté à cette oeuvre
une ambiance unique. En effet, le film s'ouvre sur un plan de Xanadu
parfaitement inquiétant, pour ensuite partir sur un « reportage » sur
la vie de Kane. Le reste du métrage est du même acabit : les scènes se
suivent mais ne se ressemblent pas. Cette diversité permet de
grandement complexifier le personnage de Kane. Mais, cette disparité
apportée au récit ne serait rien sans l'implication du spectateur, ce
que Welles a parfaitement su gérer. Ainsi, comme les personnages du
film, tout le monde désire connaître la signification des mots « Bouton
de rose ». Citizen Kane fonctionne donc parfaitement jusque dans ses dernières secondes...
Sans doute une oeuvre cinématographique essentielle, car en avance sur son temps, Citizen Kane est un film à ne pas manquer.
Le critique fantôme de Sony
Le studio Sony parvenait à trouver un critique cinéma toujours docile avec leurs films. Sur les affiches des films Hollow Man ou Vertical Limit
on pouvait voir des accroches incroyables écrites par le mystérieux
David Manning... Mystérieux car il n'existe tout simplement pas !
C'est
en tout cas ce que les tribunaux ont conclu puisque ils ont poursuivi
Sony devant la justice. Un accord à l'amiable a été signé et Sony devra
payer 1,5 Millions de $.
Bravo.
Memories Of Murder
Memories of Murder (film coréen de 2003), c'est
l'histoire du premier serial-killer coréen. Et, plutôt, que de se caler
sur le schéma narratif habituel de ce type d'enquête, Joon-ho Bong
créée un film policier qui mélange habilement les genres pour nous
enfoncer encore plus au coeur de la difficile quête du tueur...
Ce
n'est pas seulement le tandem classique du film policier (deux
personnes complémentaires déjouent les indices laissés par le tueur)
qui est mis de côté par la réalisateur. C'est carrément la raison même
du film policier qui est mis de côté - comme la fin du récit l'atteste
parfaitement.
En suivant le flic violent, son pote un peu con et
celui qui semble presque savoir ce qu'il fait (mais qui finira comme
tout le monde par perdre les pédales), Memories of Murder
nous fait plonger dans une spirale de laquelle le spectateur ne sortira
qu'à la fin, complètement hypnotisé. C'est d'ailleurs la moindre des
choses pour ce film qui flirte allègrement avec la comédie burlesque et
le drame social.
Néanmoins, en s'affairant autour des personnages de
la petite ville, Joon-ho Bong perd quelque peu le fil de l'histoire et,
du coup, l'intensité du film baisse sensiblement. Ceci empêche
définitivement le film de s'inscrire dans la lignée des grands films de
tueur en série, tel que Seven ou Le silence des Agneaux.
Mais ne nous égarons pas car grâce à sa construction étonnante, l'originalité de son propos, et son casting impeccable, Memories of Murder constitue sans aucun doute l'une des plus grande réussite de ce début de siècle, ni plus ni moins.

