The Eye 2
Joey
est enceinte et décide de se suicider. Elle loue une chambre d'hôtel et
prévient la réception qu'on doit la réveiller impérativement à 8h. Peu
avant l'heure fatidique, elle avale une quantité astronomique de
cachets et laisse un message près d'elle indiquant qu'on doit l'emmener
à l'hôpital. Après son réveil, elle commence à apercevoir des ombres
étranges...
Après un premier épisode sympathique au final
apocalyptique, on était en droit d'attendre une suite du même acabit.
Malheureusement, The Eye 2
s'avère être un film terriblement poussif dont l'effet soporifique
viendra à bout du spectateur le plus aguerri. Même s'il est une
nouvelle fois question de fantômes, ceux-ci ne procurent aucun frisson.
La première heure est d'ailleurs particulièrement éprouvante puisque le
spectateur suit un seul personnage (les autres personnages sont
tellement anecdotiques qu'il est même difficile de retenir un seul nom)
qui semble avoir toujours un train de retard. Par exemple, Joey met un
certain temps (plusieurs jours ? plusieurs mois ?) à découvrir qu'elle
voit des fantômes !!! Heureusement la dernière demi-heure tente
d'améliorer les choses grâce à quelques effets sanguinolents. Mais
c'est déjà trop tard pour sauver le film du désastre, malgré quelques
idées intéressantes mais sous-exploitées : l'impossible suicide final et la
"fonction" des fantômes.
The Eye 2 est incontestablement raté sur presque tous les points (l'actrice principale, Shu Qi, s'en sort à peu près bien). A fuir !
Merci France 3
Je tiens à remercier la chaîne France 3 qui s'est permis de recadrer le film diffusé ce soir, le bien nommé La Machine à Explorer le Temps (le remake cela va de soit).
Pour faire simple disons que les trois quart des dates affichées à l'écran étaient erronées, puisque amputées des derniers ou des premiers chiffres ! Un scandale, surtout pour un film qui a pour thème de voyage dans le temps. Il était donc parfois impossible de savoir si le héros avait avancé ou reculé dans le temps et, surtout, combien de temps il avait voyagé.
Heureusement, le film était nul... Rendez-nous George Pal bordel !
L'Enfer des Armes - Director's Cut
Il existe deux versions de L'Enfer des Armes réalisé en 1983 par Tsui Hark. La première est celle que tout le monde connaît. Elle correspond en fait à une version censurée comportant des scènes retournées par Tsui Hark. La deuxième version, qu'on appellera Director's Cut, correspond à la vision originale de son auteur et avait complètement disparue, jusqu'à ce que l'éditeur HK Vidéo (avec la complicité du réalisateur) la récupère. C'est cette version dont il est question dans ce texte.
Pour tuer le temps trois jeunes fabriquent une bombe et la font exploser dans un cinéma. Ils se font malheureusement repérer par une fille qui entreprend de les faire chanter. Pour ne pas être dénoncé à la police, les garçons s'exécutent et posent encore plus de bombes... Alors que la situation est déjà extrêmement compliquée, ils mettent la main sur une importante somme d'argent appartenant à des malfrats étrangers.
Très proche d'Orange Mécanique, L'Enfer des Armes est une attaque virulente contre la société hongkongaise. Ainsi, sans réelle identité culturelle (Hong Kong était toujours une colonie, avec l'anglais comme langue officielle, alors que la ville est située en territoire chinois) les jeunes sont déboussolés et manquent totalement de repère. Tsui Hark (Seven Sword, Zu), alors dégoûté par les échecs consécutifs de ses deux premiers longs métrages, Histoires de Cannibales et Butterfly Murders, décide de se venger en réalisant un film s'inspirant d'un fait divers survenu au début des années 80 : des adolescents avaient bel et bien fait explosé une bombe dans un cinéma. Le résultat à l'écran est une oeuvre incroyablement violente qui présente le mal-être de toute une génération incapable de se projeter dans un avenir bien incertain en raison d'une rétrocession imminente (qui eu lieu en 1997). Les ados tuant alors le temps avec des actes terroristes qu'ils trouvent plutôt amusant ! Pire, le réalisateur semble prendre un malin plaisir à torturer ses personnages, comme l'atteste le dernier tiers du film particulièrement éprouvant. On peut noter aussi une certaine antipathie de Tsui Hark pour l'occident (les étrangers sont toujours des personnages plutôt mauvais ), un aspect qu'on retrouvera aussi plus tard dans l'excellent Il Etait une Fois en Chine (avec Jet Li).
L'Enfer des Armes est donc un réel chef-d'oeuvre indispensable qui ne souffre que d'un seul problème : la rareté de la version Director's Cut (heureusement disponible sur DVD en France). Un film dont on ne peut sortir indemne...
Bis Art Cinéma 4
Comme promis, le nouveau numéro de Bis Art Cinéma vient de sortir.
Au sommaire, un programme uniquement consacré à l'éditeur Bach Films (et en particulier ses films de kung-fu) qui sort de nombreux films obscures sur support DVD. Ces disques étant nombreux et disponibles à un prix modique, il était temps que quelqu'un se penche sur la question. C'est désormais chose faite puisque cet Ezine est disponible gratuitement sur la toile au format PDF.
Je signale par la même occasion l'existence d'une interview de Bach Films sur le sympathique site Horreur.com.
Heroic trio
Dans
une espèce de Hong Kong futuriste, un mystérieux personnage invisible
enlève des bébés. Aidée par une femme masquée adepte de kung-fu et
d'une mercenaire, la police a pourtant énormément de mal à mettre la
main sur le ravisseur.
Film de super héros venant de Hong Kong, Heroic Trio
a tout du film barré et jouissif. Pourtant, au début, cela semble un
peu mal parti. L'histoire met longtemps à se mettre en place et les
différentes intrigues ne s'imbriquent pas très clairement (le lien qui
uni les trois femmes est mal défini). De plus, Johnny To (The Mission, Fulltime Killer, Breaking News)
semble avoir un peu de mal à diriger tout le monde. Ainsi, les scènes
d'action et cascades paraissent complètement fauchée alors que les
acteurs assurent réellement à tous les points de vue. Ceci n'est pas
étonnant quand on sait que ce sont Maggie Cheung, Michell Yeoh, Anita
Mui et Anthony Wong qui tiennent les rôles principaux. On a déjà vu
pire en matière de casting ! Si la première partie est poussive, la
deuxième partie du film part carrément dans tous les sens. Difficile
alors de prendre au sérieux la plupart des scènes, surtout que Johnny
To s'en donne à coeur joie avec certains passages particulièrement
horribles : Wong qui mange son doigt fraîchement tranché, le même Wong
qui use d'une guillotine volante pour décapiter quelques figurants, un
massacre d'enfants (!!!), etc. Bref, plus le film avance et plus les
situations s'en trouvent incroyables ; le film s'achevant d'ailleurs
avec une sorte de remake gore et kung-fu du final de Terminator !
Heroic Trio
est bel et bien un morceau de choix pour les amateurs de film
hongkongais qui reste, malgré les faiblesses du début du métrage,
incontestablement un vrai film fou comme on en voit rarement. A voir.
Panique Année Zéro
Tôt
le matin, une famille quitte Los Angeles pour passer quelques jours de
vacances à pécher dans un endroit reculé. Sur la route, ils sont les
témoins d'une gigantesque explosion nucléaire qui ravage la cité des
anges. Bientôt, les denrées se font rares et les gens sont peu à peu livrés
à eux même. Il ne reste plus qu'une solution : se battre pour survivre.
Film catastrophe réalisé en 1962 par Ray Milland, Panique Année Zéro
est emblématique des films d'anticipation américains des années 60.
Ici, la menace nucléaire n'est pas seulement suggérée ou évoquée
puisqu'elle au coeur même du récit. Si le film part dans une direction
particulièrement séduisante, les gens sont prêts à s'entre-tuer
pour survivre, on est légèrement déçu par le rythme lent du film. Même
si de bonnes idées surviennent régulièrement (les différentes
situations rencontrée sur la route, les méthodes pour conserver la
nourriture, etc.) ce film réserve finalement peu de surprise.
Heureusement, Panique Année Zéro comporte quelques
bons moments (la vengeance du père) et propose des images qui resteront
graver dans les mémoires, comme l'astuce employée par le père pour
traverser une route. Outre la présence d'une attaque atomique, l'ombre
d'un conflit probable avec l'ex-URSS est présente à chaque instant (qui
d'autre aurait pu menacer les Etats-Unis ?). Si on peut saluer les
créateurs pour avoir osé aborder le sujet d'une attaque du sol
américain, le message du film est malheureusement beaucoup trop commun,
malgré un excellent début de récit. Un message qu'on peut résumer
grossièrement par "les gentils s'en sortirons contrairement aux
méchants". Rien de bien transcendant finalement !
Si Panique Année Zéro
souffre d'un manque d'audace, il faut reconnaître qu'on passe un
agréable moment devant cette série B. De plus, il est aussi intéressant
de constater que certaines idées fortes du film sont toujours présentes
dans des films d'anticipation récents comme La Guerre des Mondes (version Spielberg) - qui conserve une scène d'embouteillage sur une route surchargée.
Le blog d'Albert
Medatic m'a appris l'existance du blog d'Albert Dupontel (acteur excellent et réalisateur de Bernie et Le Créateur). Une information d'autant plus intéressante que son prochain film, Enfermé Dehors, sortira au printemps prochain !
Ce sera aussi l'occasion pour nous de fouiller son site qui permet d'accéder au trailer et à de nombreux extraits de son oeuvre.
Blogsearch
Google a mis en place un nouveau service de recherche qui permet uniquement d'effectuer une requête sur les blogs. Google Blog Search se veut donc l'outil idéal pour quiconque désire trouver un blog thématique (au hasard le cinéma ?) qui lui convienne parfaitement !
C'est à mon sens une bonne initiative. Reste maintenant à bien tester le moteur afin d'observer la pertinence des résultats...
White Zombie
Madeleine
et Neil, un jeune couple, s'installent chez Monsieur Beaumont pour se
marier. Malheureusement, Beaumont est amoureux de la jeune femme et
c'est essentiellement dans l'espoir de la séduire qu'il les a invité à
officialiser leur union chez lui. Bien vite, il se rend compte que seul
l'inquiétant Legendre pourra aider Madeleine à se détourner de son
fiancé. Mais à quel prix ?
C'est Victor Halperin qui réalise White Zombie
en 1932. S'il est bien évidemment question de zombies dans ce film, il
faut néanmoins préciser que le mort-vivant est ici présenté d'une façon
très proche de son origine : à travers le Vaudou. Ainsi, les zombies en
question sont avant tout des personnes ensorcelées et contrôlées par un
sorcier adepte de la magie noire. White Zombie se
trouve être, apparemment, le premier long métrage à utiliser ces fameux
personnages devenus ensuite cannibales après que George A. Romero se
soit intéressé à leur cas avec La Nuit des Morts Vivants.
Le
personnage le plus inquiétant du métrage, Legendre, est magistralement
interprété par un Bela Lugosi usant d'un bel accent européen. Comme
d'habitude, Lugosi instaure aussi une présence bien physique à son
personnage (regard sombre, jeu de mains, etc) qui achève de le faire
rentrer au panthéon des figures marquantes du cinéma fantastique. Car
finalement, Neil – le fiancé – se révèle être un personnage plutôt
inintéressant qui se réfugie dans l'alcool après avoir perdu sa
compagne. Aidé par le docteur Bruner (le sympathique Joseph Cawthorn)
il va alors, en même temps que le spectateur, tout apprendre de la
magie noire et de la main d'oeuvre zombifiée de Legendre.
White Zombie
constitue donc un divertissement honorable, bien qu'un peu long.
Certaines parties auraient mérité d'être un peu plus ramassées pour
conserver le côté horreur du film... De plus, il faut admettre que les
zombies ne font pas vraiment peur. On imagine sans peine la terreur
occasionnée par ces personnages il y a 70 ans mais, maintenant,
comparés aux avatars de Romero, ces zombies sont presque ridicules. White Zombie a donc perdu de sa superbe au fil des années mais conserve pourtant un charme indéniable.
Warlock, la Rédemption
Après
avoir apprit que la maison de sa famille allait être détruite, la jeune
Kris décide d'aller y passer la nuit dans l'espoir d'en apprendre plus
sur ses parents. Elle est alors rejoint par ses amis, un historien et
un architecte étrange...
Ce troisième (et dernier ?) épisode de la
série dédiée à un magicien maléfique appelé Warlock est loin d'être une
réussite. Pourtant, le potentiel était bel et bien présent. L'histoire
intrigante et la galerie de personnages présents avaient tout pour
intéresser le spectateur. Malheureusement, le résultat se révèle vite
catastrophique. Tout d'abord, la mise en scène de Eric Freiser est tout
juste digne d'une série télé bas de gamme. Se contentant juste de poser
sa caméra en face de ses acteurs, le réalisateur oublie petit à petit
qu'il est entrain de travailler sur un film d'horreur. Il impose alors
un rythme de plus en plus lent à son récit détruisant ainsi
inévitablement toute forme de tension. Il faut alors attendre les vingt
dernières minutes pour trouver quelques idées amusantes (comme ce plan
ou l'héroïne se voit indéfiniment courir dans un bois dans la tradition
d'Opération Peur
de Mario Bava). Les personnages, quant à eux, avaient un potentiel
intéressant. Possédant pourtant un caractère bien défini (le couple SM,
la fille mystique, le musicien, le futur homme d'affaire), ceux-ci sont
totalement inexploités ou alors en dépit du bon sens (la sorcière en
est le parfait exemple). Bref, tout cela n'est pas très reluisant et le
Warlock (interprété par Bruce Payne) a bien du mal a relever le niveau.
Autant dire que ce ne sont pas les quelques mises à mort qui
parviendront à sortir le plus fantasticophile des spectateurs de sa
torpeur.
En résumé, Warlock, la Rédemption se révèle être une fois de plus un beau gâchis. A éviter donc.

