Focale Cinéma Weblog

Weblogue d'un cinéphage, critiques de films, news et chroniques diverses.

Street Trash

streettrash_petitUne bande de clochards vit dans une décharge et passe la plupart de son temps à boire de l'alcool. Un jour, des bouteilles d'un mystérieux breuvage nommé Viper font leur apparition : celui-ci possède la particularité de faire fondre (ou exploser) les malheureux qui en boivent une gorgée. De plus, il semble que le leader des dépourvus est bien décidé à mener la vie dure aux habitants de la ville.
Film à la technique spectaculaire mais au contenu plus contestable, Street Trash n'en demeure pas moins un véritable pilier du gore. Réalisé par Jim Muro presque entièrement à la steadycam, ce dernier poursuivra sa carrière comme cameraman pour les plus grand (comme James Cameron), jusqu'à s'imposer comme une véritable référence dans le domaine.
Son film est essentiellement construit sous la forme d'une succession de scènes ayant plus ou moins un lien entre elles. Ainsi, des passages ultra gores (les corps fondent ou explosent dans un déferlement de sang et de tripes colorés), de comédie ou de sexe composent la majeure partie du récit. Car, si l'histoire est peu palpitante, l'intérêt de Street Trash se trouve dans sa capacité à aller très loin dans les débordements. Les scènes de sexe sont alors tout aussi repoussantes que les personnages sensés représenter la justice (un flic urine même sur un malfrat). Mais on le comprend très vite, Street Trash est fait pour rire. D'ailleurs, il s'en sort plutôt bien en la matière. Et, comme pour nous rappeler où se trouve la véritable horreur, Muro incorpore quelques scènes sur la guerre du Vietnam vraiment effroyables pour le coup.
Ne vous laissez pas avoir par son côté malsain ou sa réputation de film extrême, Street Trash est avant tout un concentré de fun qui, malgré une narration peu palpitante, vous scotchera à votre fauteuil.

Posté par Bob Lemorse à le mardi 28 février 11:49 - Critiques / Articles - Commentaires [2] - Permalien [#]

Tetsuo

tetsuo_petitUn jeune cadre voit sa vie bouleversée après avoir renversé accidentellement un homme. Il se métamorphose alors petit a petit en un être hybride mi-homme mi-machine...
Film de Tsukamoto décrivant, la transformation d'un homme en machine, Tetsuo est avant tout le manifeste cyberpunk que le cinéma attendait.
Partant d'un concept casse gueule, le réalisateur parvient a nous captiver avec son personnage de cadre japonnais déboulonné en usant d'un style visuel décalé et outrancier, voir franchement trash. Aussi, on ne peut nier la présence d'un masochisme certain et d'un goût poussé pour la provocation chez Tsukamoto ; ceci se manifestant avant tout par une accumulation de scènes gores, comme les morceaux métalliques perçant la peau ou l'allucinante scène de sexe. Impossible dans ces conditions de rester de marbre devant le flot d'image insensées qui balaie l'écran.
Insensé ? Pas tant que ça, puisque si le métrage semble franchement confus de prime abord, le sens s'affine au fur et à mesure des visions. Le combat  qui oppose les deux monstres de métal dans le dernier tiers du récit reste pourtant essentiellement un étonnant spectacle visuel. Sa résolution marquera toutefois les esprits en s'inscrivant dans la lignée de Videodrome (David Cronenberg) en présentant une nouvelle forme d'humanité forcément meilleure et mieux adaptée au monde contemporain.
Tout aussi intéressant, il est facile de relier Tetsuo avec Les Temps Modernes de Charlie Chaplin. En effet, le premier transpose la métaphore du second. L'employé devient alors une vraie machine, ce que Chaplin suggérait avec humour dans son film. Ainsi, Tetsuo peut symboliser à sa manière la mécanisation technologique et forcenée de nos sociétés, ce qui constitue par ailleurs le coeur de la philosophie cyberpunk (emmener par l'ecrivain William Gibson, chef désigné du mouvement).
Finalement, et malgré tout ce qu'on pourra dire sur ce métrage, Tetsuo demeure un spectacle rarement égalé et franchement dédié aux débordements visuel. Une expérience savoureuse à consommer sans modération.

Posté par Bob Lemorse à le dimanche 26 février 16:05 - Critiques / Articles - Commentaires [0] - Permalien [#]

Apportez-moi la Tête d'Alfredo Garcia

alfredo_petitUn chef de village mexicain apprend que sa fille est enceinte d'un dénommé Alfredo Garcia. Il offre alors une immense récompense à celui qui lui rapportera la tête de l'amant de l'adolescente. Tous les hommes du coin se mettent alors à la poursuite du pauvre Alfredo.
Réalisé par un Sam Peckinpah inspiré, Apportez-moi la Tête d'Alfredo Garcia se positionne comme un western contemporain très violent. Le film nous montre en effet comment une forte somme d'argent arrive à corrompre de nombreux hommes et, par là même, entraîne la mort de dizaines de personnes. Impuissant, le spectateur subit la trame du film (très originale) jusqu'au percutant dénouement final.
Bien que dénonçant la violence, Peckinpah (aussi co-scénariste) ne peut s'empêcher de l'esthétiser au maximum, inspirant plus tard des cinéastes comme John Woo ou – vraisemblablement - Enzo Castellari. Cette brutalité est renforcé par une ambiance poussiéreuse renvoyant aux grands westerns américains et par des effusions de sang rappelant La Horde Sauvage.
Doté d'une direction d'acteur irréprochable et d'une mise en scène remarquable (comme toujours avec Sam), Apportez-moi la Tête d'Alfredo Garcia est une oeuvre indispensable, à mi-chemin entre le western et le polar, qui a marqué le cinéma américain.

Posté par Bob Lemorse à le mardi 14 février 23:18 - Critiques / Articles - Commentaires [2] - Permalien [#]

Le Survivant

survivant_petitLa Terre a été ravagée par une attaque biologique et les rares survivants - qui portent les stigmates du fléau - sont rassemblés autour du gourou d'une secte se faisant appeler « la famille ». Pourtant, il existe un homme qui a été épargné. Son nom est Neville et il s'est juré d'exterminer tous les monstres qui parcourent la nuit le soir venu.
Deuxième adaptation du roman culte Je Suis une Légende de Richard Matheson, Le Survivant est une relecture astucieuse bien que très éloignée du matériau original. Ainsi, le caractère même du personnage principal est complètement modifié et seul le postulat de départ (la maladie, les raids pour tuer les « monstres ») a été repris. Pourtant, bien que largement moins puissante, l'histoire est très agréable à suivre et offre de sympathiques scènes d'action. Interprété avec aisance par Charlton Heston, Neville prend vraiment vie à l'écran. De plus, la mise en scène sobre et efficace de Boris Sagal nous permet de retrouver le charme des productions fantastiques des années 70. Travaillant plus sur l'histoire que sur la pyrotechnie, ces films n'en étaient que meilleurs (dans la majorité des cas).
Mélangeant allégrement anti-militarisme et christianisme Le Survivant risque de surprendre en raison de la mise en opposition de ces deux thèmes. Par conséquent, Robert Neville se retrouve armé jusqu'aux dents et combat les hommes de la secte « La Famille » ; ceux-ci prônant l'abolition des armes, voir de la technologie dans son ensemble.
Bien que réalisé en 1971, Le Survivant demeure la meilleure adaptation ciné (l'autre étant Last Man on Earth) du roman de Matheson. Bien interprété et très prenant ce film devrait ravir les amateurs de films post-apocalyptiques.

Posté par Bob Lemorse à le lundi 06 février 23:35 - Critiques / Articles - Commentaires [4] - Permalien [#]



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