Mission Impossible 3
Ethan est de retour accompagné de sa ravissante épouse. Bien qu'étant passé instructeur, il décide de reprendre du service en allant secourir une ancienne élève. Pourquoi ? Parce qu'il est le meilleur !
On peut voir Mission Impossible 3 comme un retour aux sources de la série grâce à l'équipe qui accompagne Ethan. Et pourtant, cet épisode est une nouvelle fois dédié à la gloire du plus grand héros de tous les temps, le bien nommé Tom Cruise. Ainsi, nous n'échappons pas à la "cool attitude" stupide qui entoure cette série depuis le film de John Woo de sinistre mémoire. On retrouve alors une succession de scènes d'action dédiées à la gloire de son interprète principal : Tom évite des missiles, Tom fait de la balançoire entre deux immeubles, Tom fait du saut en longueur, Tom est aussi un biker, Tom parle couramment italien, j'en passe et des meilleures. On a quand même du mal à comprendre comment de telles âneries arrivent à passer encore. Mais le pire dans tout ça c'est que l'ensemble est plutôt fun ! Le scénario n'a d'ailleurs strictement aucun intérêt puisqu'il accumule les jeux de pistes usés jusqu'à la corde. Seule l'action prévaut et, il faut l'admettre, on a ce qu'on est venu chercher. La mise en scène de J.J. Abrahams fait dans le minimum et tente d'imiter (en vain) Ridley Scott ou Paul Greengrass et sa caméra tremblante au coeur de l'action. Le reste est filmé platement comme n'importe quel téléfilm et Tom Cruise fait du Tom Cruise. Rares auront été les réalisateurs à avoir su lui faire incarner correctement son personnage (Paul Thomas Anderson, Kubrick ?). Heureusement, la prestation de Philip Seymour Hoffman vient égayer l'ensemble même s'il est complètement sous-exploité. Dommage.
MI3 constitue finalement ce qu'Hollywood sait faire de mieux, du film d'action débile pas forcément déplaisant mais loin d'être enthousiasmant. Rien de plus. Evidement, dans le genre, on préférera un Bad Boys 2 à la connerie pleinement assumée...
Sensation Rock
Un peu de hors sujet, pour une fois, avec une présentation d'un nouveau site web consacré à la musique. Sensation Rock vient d'ouvrir ses portes et promet déjà un bon contenu avec au menu des critiques de disques, de prestations live (Babyshambles), des interviews (Emilie Simon, Franz Ferdinand, Nada Surf) ainsi que des critiques de DVD ou de bouquins.
Mais ce n'est pas tout puisque Sensation Rock nous promet aussi une couverture de l'actu rock franc-contoise. Une initiative à soutenir pour une région qui regorge de talents.
Alors, certes, tout n'est pas encore au point puisqu'il manque pas mal de chose encore - comme le forum - mais ce nouveau site est incontestablement à suivre dans le futur.
Silent Hill
Sharon, la fille de Rose, est somnambule et fait des cauchemars en répétant le nom "Silent Hill". Persuadé que le nom de cette ville à quelque chose à voir avec l'état de son enfant, Rose l'emmène là bas. A peine arrivée aux portes de ce lieu, la gamine disparaît.
Après Crying Freeman et Le Pacte des Loups, Christophe Ganz revient avec Silent Hill, une adaptation d'un célèbre jeu vidéo horrifique japonais. On l'a vu précédemment, l'exercice est loin d'être aisé (Super Mario, Resident Evil) mais le réalisateur s'en sort plutôt bien. Malgré une narration en demi-teinte où l'on trouve beaucoup de répétitions (exploration, sirène, monstres), on peut dire que l'ensemble tient la route. Et, si l'interprétation est correcte tout en restant en deçà des espérances, c'est avant tout l'univers infernal de cette ville oppressante qui marque les esprits. Doté d'une "personnalité" l'endroit bascule régulièrement dans les ténèbres, laissant ainsi s'échapper des monstres tout droit sortis de l'esprit d'un designer torturé. Des créatures d'ailleurs souvent semblables aux tortured souls et aux cénobites de Clive Barker (Hellraiser). Mais ceci ne serait rien sans la mise en scène fluide et inspirée de Ganz qui prouve une fois de plus qu'il sait manier une caméra comme personne. Les fans se gore seront aussi servis puisque le final constitue une réelle prouesse en la matière, surtout ces derniers temps. Seulement, si Ganz se plaît à flatter les fans d'abominations, il délaisse finalement les amoureux du suspense et de la peur. Car, en dehors de rares scènes (comme celle des toilettes de l'école), l'ensemble n'a rien d'effrayant.
Malgré un manque de tension certains et quelques soucis de narration, Silent Hill devrait tout de même contenter les amoureux de ciné fantastique de par son excellent final et son esthétisme rare.
Creative Commons : Rappel
Un petit rappel : les textes présents sur ce blog sont soumis à contrat Creative Commons.
Si vous utilisez mes textes, merci de me laisser un petit message ici même ;-)
PS : Allez faire un tour sur le blog The Quick And The Dead !
Nouveautés
Ils ne s'arrêterons donc jamais ! Le numéro 30 du fanzine Sueurs Froides vient de sortir.
Au programme beaucoup, beaucoup de reviews pour un total de 118 pages ! Autant dire, que le passage au format PDF a été très profitable au zine. Le contenu est une nouvelle fois excellent avec un article sur 2001 Maniacs, Seijun Suzuki (La Marque du Tueur, etc.), du western et j'en passe et des meilleurs. En plus, la mise en page a gagné en professionnalisme et ce numéro de Sueurs Froides pourrait même faire de l'ombre aux piliers pros que sont Mad Movies et L'Ecran Fantastique. A télécharger gratuitement sur le site. Pourquoi s'en priver bon sang ? Et signalons aussi, comme d'habitude, la mise à jour du site Cinémasia.
Bonnes lectures.
V pour Vendetta
Le Royaume Unis est sous la dictature d'un Etat totalitaire répressif qui entretient le peuple dans la peur afin de le rendre docile. Alors qu'elle allait rendre visite à un ami, Evey (Nathalie Portman) se fait arrêtée par les violents hommes des forces de l'ordre. Un homme masqué d'une force sur-humaine lui vient alors en aide. Son nom est V et il est décidé à recourir au terrorisme pour sortir le pays de sa torpeur.
On était en droit de s'attendre à un énième film d'action à la X-Men. Pourtant, les frères Wachowski ( la trilogie Matrix), ici scénaristes, n'ont pas fait cette erreur en adaptant la bande dessinée d'Alan Moore (From Hell). Le résultat n'en est que meilleur car le traitement adopté ici n'en est que plus juste avec l'univers décrit. Fortement inspiré par 1984 de George Orwell, le Londres de Moore n'en est pas moins différent. Libéré de la surveillance permanente (même si les hommes publiques sont sur écoute) et du culte de la personnalité du chef de l'Etat, le régime de V pour Vendetta ressemble plus à ce que pourrait devenir une dictature du 21ème siècle. Le film fait d'ailleurs froid dans le dos lors de la description des actions menées par les hommes du parti pour arriver au pouvoir.
Habilement mis en scène par James McTeigue (le montage parallèle entre les dominos et la "vision" du flic est imparable) et interprété de façon magistrale, V pour Vendetta n'évite pourtant pas quelques clichés. Ainsi, on peut penser que la scène d'action au ralenti post-Matrix est de trop, ou que le caractère fantastique de V est trop poussé. Heureusement ceci ne constitue que des détails mineurs dans un ensemble parfaitement cohérent et abouti. Dans les plus grandes réussites, nous trouvons aussi Hugo Weaving qui campe V de manière très élégante. Une performance à souligner, d'autant plus que ce personnage est masqué et donc uniquement défini par sa gestuelle et sa diction.
V pour Vendetta est donc un divertissement intelligent, d'excellente facture et chaudement recommandé qui s'impose sans mal comme la meilleure transposition cinématographique des écrits de Moore sur grand écran.
La Galaxie de la Terreur
L'équipage d'un vaisseau spatial est confronté à d'incroyables monstres sur un planète inconnue.
Suite au succès d'Alien, de Ridley Scott, de nombreux cinéastes et producteurs décident rapidement de faire dans la contrefaçon. Ainsi Luigi Cozzi nous pond Contamination, William Malone accouche d'une étrange Créature et Roger Corman produit cette sympathique Galaxie de la Terreur. C'est, bien sûr, ce dernier qui nous intéresse aujourd'hui.
Réalisé par Bruce D. Clark et doté d'un casting vraiment bis (Robert Englund), cet ersatz d'Alien tient miraculeusement plutôt bien la route. Malgré une introduction un peu pourrie, les scènes s'enchaînent agréablement jusqu'à l'étonnant dénouement final. Les amoureux de bestiaires fous en auront pour leur argent puisqu'un nombre non négligeable de créatures en tout genre s'amusent à torturer nos pauvres astronautes. La mention spéciale du jury revient inévitablement à la limace géante qui s'en prend à une pauvre jeune femme en la... La décence veut que je m'arrête là, mais je suis certain que vous avez capté l'esprit du film.
Si la mise en scène est tout juste correcte et l'interprétation anecdotique, les effets visuels s'avèrent souvent surprenants, malgré quelques fautes de goût. Alors qu'on imagine volontiers que le budget s'avérait plus que réduit, Corman a réussi à construire un film avec une esthétique propre. Ce qui est suffisement rare pour être souligné.
On peut par contre regretter la faiblesse de plusieurs personnages. En effet, la caricature est présente et les comportements des protagonistes manquent de subtilité. Ceux-ci réagissent presque toujours de façon trop convenue.
Ainsi, si tout n'est pas parfait (certains effets visuels sont pauvres, l'interprétation) La Galaxie de la Terreur fera passer un bon moment au spectateur grâce à son style visuel, ses passages horrifiques et l'histoire plutôt originale.

