Burst City
Un gang de punks, un groupe de yakuzas et un entrepreneur sont dans la même ville. Deux motards débarquent.
De quoi parle ce film ? C'est la question qu'on peut légitimement se poser à la vision de cette bande féroce de Sogo Ishii. Pensé avant tout comme une expérience cinématographique punk, Burst City est considéré comme un ratage par son auteur. Pourtant, il est devenu évident que ce film est un véritable témoignage de la vague punk qui submergea le Japon au début des année 80. Ainsi, malgré ses nombreux défauts Burst City reste incroyablement excitant !
Certes, l'interprétation n'est pas des plus juste, l'histoire est confuse à l'extrême et le montage souvent ultra-cut. Cependant, il faut aussi souligner la folie ambiante qui transpire à chaque instant ou l'excellente musique qui rythme l'ensemble de l'action. Tout cela confère à cette bande une aura unique qui marquera sans doute quelques cinéphages (que ce soit en bien ou en mal). Finalement, c'est de Mad Max que se rapproche le plus ce film, en particulier à travers des scènes dans lesquelles la route est utilisée comme terrain de jeu par une bande d'ados ; ceux-ci y enchaînant des courses de bagnoles. En poussant plus loin la comparaison, il faut peut être même voir en Burst City une espèce d'anti-Mad Max dans lequel les héros (?!) seraient une jeunesse punk défiant les forces de l'ordre. A ce propos, les dernières 25 minutes du métrage valent à elle seule le coup d'oeil puisqu'on assiste à une gigantesque baston opposant les deux camps !
Filmé à l'aide d'une guitare électrique et faisant intervenir d'authentiques groupes punks, Burst City est avant tout une expérience unique et rare et, surtout, une inspiration pour de nombreux cinéastes (Shinya Tsukamoto et, dans une moindre mesure, Takashi Miike).

