Poltergay
Marc (Clovis Cornillac) et Emma (Julie Derpardieu) emménagent dans leur nouvelle maison. Rapidement, des événements étranges surviennent et Marc se retrouve aux prises avec des danseurs disco gays des années 70. Et, comme il est le seul à les voir, il ne peut se reposer sur ses amis ou sa femme. La vie de Marc va donc petit à petit se transformer en véritable enfer.
Le concept de ce Poltergay est assez convenu et seul le traitement de l'histoire le différencie des films abordant le même thème. Ainsi, le titre est une référence évidente au sympathique Poltergeist de Tobe Hooper et, si Eric Lavaine (qui réalise avec Poltergay son premier long) n'a pas le talent du réalisateur de Massacre à la Tronçonneuse, on peut néanmoins passer un bon moment avec cette histoire d'esprits frappeurs homosexuels. Le problème vient quand même de la variété des situations qui a du mal à se renouveler. De plus, pour ne pas choquer ou par manque d'idée, on ne peut pas dire que les personnages gays du films soient réellement exploités. Certes, quelques scènes valent le détour et son vraiment amusantes (comme ce moment très drôle dans lequel Clovis fait une rencontre dans une boîte pour homo), mais l'ensemble reste franchement trop gentillet. Avec un concept comme celui de Poltergay, on était en droit de s'attendre à des situations bien plus salaces !
L'interprétation de Cornillac est assez juste. Seulement, Julie Depardieu ne semble pas trop concernée par cette histoire étrange et incarne un personnage anecdotique qui reste beaucoup trop souvent en retrait. Heureusement, les seconds rôles sont tous excellents, à commencer par Michel Dussauchoy qui campe un exociste fan de mal-bouffe, Michel Duquesne (ex-Deschiens reconverti en fantôme gay pour l'occasion) ou encore le trop rare Lionel Abelanski. On se retrouve quand même avec du beau monde, ce qui ratrappe une mise en scène très plate composée essentiellement de gros plans qui supportera merveilleusement bien la diffusion télé.
Poltergay reste une sorte de nouveauté dans le paysage cinématographique français grâce à son mélange de genre (fantastique + comédie) assez rare de nos jours. L'histoire cousue de fil blanc ne surprendra personne mais l'ensemble fera tout de même passer un agréablement moment aux fans de comédies franchouillardes.
Sueurs Froides #32
Le 32ème numéro du zine Sueurs Froides est déjà disponible depuis quelques temps. Le programme est, comme d'habitude, extrêmement alléchant puisqu'entre les sorties DVD, les dossiers (Masters of Horror) et les genres abordés (Chambara, SF, etc.) vous ne pourrez pas décrocher de ce numéro avant d'être arrivé à la fin.
En vrac, on, y retrouve des critiques de : La Femme Scorpion, Hanzo the Razor, The Day the World Ended, Lèvres de Sang, Taxidermia, etc.
Impossible de passer à côté de ce nouveau numéro de Sueurs Froides, l'équipe ayant une nouvelle fois fait un excellent travail. Le tout est disponible en téléchargement gratuit sur le site de l'asso Sin'Art.
Burst City
Un gang de punks, un groupe de yakuzas et un entrepreneur sont dans la même ville. Deux motards débarquent.
De quoi parle ce film ? C'est la question qu'on peut légitimement se poser à la vision de cette bande féroce de Sogo Ishii. Pensé avant tout comme une expérience cinématographique punk, Burst City est considéré comme un ratage par son auteur. Pourtant, il est devenu évident que ce film est un véritable témoignage de la vague punk qui submergea le Japon au début des année 80. Ainsi, malgré ses nombreux défauts Burst City reste incroyablement excitant !
Certes, l'interprétation n'est pas des plus juste, l'histoire est confuse à l'extrême et le montage souvent ultra-cut. Cependant, il faut aussi souligner la folie ambiante qui transpire à chaque instant ou l'excellente musique qui rythme l'ensemble de l'action. Tout cela confère à cette bande une aura unique qui marquera sans doute quelques cinéphages (que ce soit en bien ou en mal). Finalement, c'est de Mad Max que se rapproche le plus ce film, en particulier à travers des scènes dans lesquelles la route est utilisée comme terrain de jeu par une bande d'ados ; ceux-ci y enchaînant des courses de bagnoles. En poussant plus loin la comparaison, il faut peut être même voir en Burst City une espèce d'anti-Mad Max dans lequel les héros (?!) seraient une jeunesse punk défiant les forces de l'ordre. A ce propos, les dernières 25 minutes du métrage valent à elle seule le coup d'oeil puisqu'on assiste à une gigantesque baston opposant les deux camps !
Filmé à l'aide d'une guitare électrique et faisant intervenir d'authentiques groupes punks, Burst City est avant tout une expérience unique et rare et, surtout, une inspiration pour de nombreux cinéastes (Shinya Tsukamoto et, dans une moindre mesure, Takashi Miike).
La Vie est Belle
George Bailey vit dans une petite ville américaine alors qu'il rêve de voyages autour du monde. Travaillant pour un organisme qui vise à aider les gens peu fortunés à devenir propriétaire de leur maison, il découvre un important problème financier. Se sentant incapable de surmonter cette épreuve, il décide de mettre fin à ses jours.
Réalisé par Frank Capra, La Vie est Belle s'impose facilement comme l'un des meilleurs films américains jamais tourné. Car, l'évidence est devant nos yeux, la qualité de l'interprétation (le fantastique James Stewart, la rayonnante Donna Reed), le scénario et la mise en scène sont à la hauteur de nos espérances. Mais c'est avant tout la joie qu'on ressent à la fin du récit qui nous permet de revoir sans cesse It's a Wonderfull Life car ce film rend tout simplement heureux. L'autre grande force du film vient de l'aspect fantastique de l'histoire. Sans en dire trop, on peut dire que Bailey, le héros de l'histoire, va recevoir la visite d'un ange gardien adepte de Mark Twain... Un basculement dans un univers fantastique parfait qui vient en contre-poids du récit de la vie de Bailey.
Que dire de plus ? Il semble en effet que tout a déjà été dit sur classique indémodable. Donc,si vous n'avez encore jamais posé les yeux sur la vie de Georges, il n'est jamais trop tard !
La Maison des 1000 Morts
Quatre adolescents en quête de sensations fortes se retrouvent dans une maison, coincés pour la nuit, avec une belle bande de tarés.
Première réalisation longue de Rob Zombie, cette Maison des 1000 Morts ne fait pas dans la dentelle. Tout d'abord, la galerie de personnages monstrueux dépeinte dans ce film est réellement inquiétante (Otis, Dr Satan, etc) et les acteurs s'en donnent à coeur joie. D'ailleurs, l'histoire de ce film n'est qu'un prétexte pour accumuler les débordements en tout genre : scènes de torture, satanisme, gore et dialogues crus sont donc au programme. Le moins que l'on puisse dire c'est que la vision de ce film est assez éprouvante !
Ensuite, il faut dire que la mise en scène y est pour beaucoup. Ayant oeuvré auparavant dans le monde du clip, Zombie inonde son film d'effets visuels en tout genre (essentiellement axé sur la couleur ou la texture de l'image). Le tout aurait pu être gonflant si le réalisateur n'avait pas pris soin de son montage. En effet, celui-ci se révèle particulièrement efficace, comme le démontre le passage dans le train fantôme ou le final dantesque, mélange cohérent et foncièrement méchant entre Alice au Pays des Merveilles et Hellraiser 2.
Sortit tout droit de l'imaginaire d'un fou furieux, ce film assez extrême constitue, évidement, un morceau de choix pour les amateurs d'horreurs en tout genre. A noter qu'une suite encore plus réussie a été donnée à cette Maison des 1000 Morts quelques années plus tard : The Devil's Rejects - toujours orchestré par Rob Zombie.
Day Of The Dead 2
Et oui, ils l'ont fait ! Mais rassurez-vous, Day of the Dead 2 : Contagium n'a pas grand chose à voir avec son aîné et n'est pas une suite directe du film de Romero. Au contraire, puisque ce long métrage (directement pour le marché vidéo) réalisé par James Glenn Dudelson et Ana Clavell en 2005 se propose plutôt d'explorer les origines de la contamination.
On y découvre donc des expériences militaires qui tournent mal ainsi que la transformation d'un groupe de gens - internés dans une espèce d'hôpital psychiatrique - en zombies avides de chair fraiche. La métomorphose est assez originale et s'apparente à une maladie. Bref, finalement on ne retrouve rien de nouveau et on s'ennuie même un peu.
Heureusement, quelques effets visuels malsains à base de barbaque viendront égayer tout ça. Les fans de Day of the Dead (le vrai, le seul et l'unique) sont priés de passer leur chemin.

