The King Of Kong : A Fistful Of Quarters
Il y a des documentaires qui sortent vraiment de l'esprit torturé d'un geek défoncé au terrible cocktail NES/Pastis. L'idée de base de King Of Kong : A Fistful of Quarters consiste donc à suivre le parcours d'un joueur de Donkey Kong vers les plus hautes marches de la discipline. Donkey Kong est un jeu vidéo (disponible dans les cafés au début des années 80) dans lequel apparaît pour la premier fois le célèbre personnage de Nintendo, le bien nommé Mario. Le but est de passer au niveau suivant en effectuant le plus gros score.

Et le meilleur score est rapidement battu par Steve Wiebe qui doit prendre logiquement la place de numéro 1 mondial de Donkey Kong ! Seulement, la tâche n'est pas simple car l'ancien numéro 1, Billy Mitchell, fait justement partie de l'organisme chargé de valider les scores : le site web Twin Galaxies. Pour donner une idée de la chose, c'est un peu comme si le recordman du 100 mètres effectuait lui-même les contrôles antidopage à la fin de la course. Le score de Steve Wiebe n'est donc pas validé et voilà que celui-ci s'entête à participer à des compétitions de jeux vidéos pour prouver au monde son talent. C'est à ce moment que King Of Kong s'avère convainquant en s'intéressant essentiellement aux personnalités des différents protagonistes. D'ailleurs, à ce moment de la compétition, il n'est même plus question de Donkey Kong souligne Steve Wiebe, c'est tout autre chose ; une chose universelle liée à l'existence même qui force les gens à courir après une reconnaissance bien difficile à acquérir. King Of Kong risque donc de séduire les fans de jeux vidéos de même que fasciner ceux qui y sont réfractaires grâce à sa mise en scène efficace qui tient le spectateur haletant et hypnotisé jusqu'au dénouement final.
De part certaines personnalités évoquées par le documentaire (une horde de geek de tous âges - y compris une sympathique grand mère accro au jeu Q-Bert), il est probable que cette histoire ne plaide pas particulièrement pour la cause du jeu vidéo. Quelque part, on ne peut reprocher ce fait à Seth Gordon - le réalisateur de ce film -, puisque l'angle adopté est celui de l'objectivité : les intervenants procurant ainsi un ton particulier à ce film en y apportant son lot de rebondissements.
Plus qu'un simple documentaire, King Of Kong : A Fistful of Quarters est un vrai divertissement, une essentielle ode au "geekisme" et aux sports électroniques.
Des extraits du film sont disponibles sur le site de wired.
A l'heure ou j'écris ces quelques lignes, une adaptation sous forme de fiction (avec des acteurs) serait en cours de préparation par New Line - toujours réalisée par Seth Gordon.

