Pour une adaptation de l'industrie
Le boulversement de l'industrie musicale qui a lieu actuellement me fait penser que la même chose risque de se produire dans quelques années pour le cinéma. Petit récapitulatif des faits.
Les majors sont confrontées plus que jamais au problème du piratage sur Internet. Ce nouveau média se développant, les industriels de la culture ne sont pas arrivés à anticiper ce nouveau marché pourtant en plein essor depuis l'époque Napster en 1999. Cela fera bientôt 10 ans que les échanges de fichiers via des logiciels de type Peer To Peer existent et les grosses multinationnales n'ont toujours pas saisie l'importance de cet outil pour le consommateur lambda.
Rétrospectivement, il est difficile de comprendre pourquoi elles ne se sont pas jetées sur la diffusion d'oeuvres via internet. Il a fallut attendre 2007 pour qu'on site comme Deezer fasse sont apparition, c'est dire si les cerveaux sont lents chez les responsables des maisons de disques. D'ailleurs, des groupes comme Nine Inch Nails ou Radiohead ont déjà montré la voie et il y a fort à parier que les maisons de disques ne se contenterons plus que de sortir des nouveautés dans quelques années, rentabilisant au maximum ces jeunes artistes jusqu'à l'overdose avant que ceux-ci ne se tournent vers un mode de diffusion plus moderne et plus rentable.
Aujourd'hui avec l'augmentation de la bande passante et la généralisation des forfaits internet de type ADSL illimité, le cinéma semble être au milieu d'une évolution importante. D'un côté, les cinéphiles se réjouiront d'aller au cinéma régulièrement et la famille au grand complet continuera de se déplacer pour aller voir le dernier dessin animé hivernal à la mode. On peut faire, j'imagine, une analogie avec la musique où la sortie ciné du vendredi serait équivalent à une sortie concert. (et les gros films générant du buzz médiatique seront toujours vus en salle par des millions de spéctateurs)
Mais d'un autre côté, il semble que les producteurs de films comptent toujours sur les revenus générés par les ventes de DVD et les diffusions télévisuelles de leurs dernières production afin de rentabiliser l'affaire. Le cas Fight Club est édifiant : après un échec cuisant au box office, le film a fini par trouver son public sur support DVD et VHS.
Peut-on maintenant imaginer que les gens cessent d'acheter des DVD pour se tourner vers le piratage massif de films ? Certainement et c'est même déjà plus ou moins le cas.
Il est donc urgent pour l'industrie du cinéma de s'adapter.
Commentaires
différent type de piratage
Je pense qu'il existe plusieurs type de piratage,
- celui du genre "ado", style je charge le dernier film dont on parle pas encore sorti pour faire baver mes potes;
- celui du style "je charge un maximum, c'est moi qui ait le plus gros disque dur"
==> on peut pas faire grand chose contre ça
- et puis le piratage plus "cinéphile", qui vise à charger des titres introuvables en zone 2 (et il y en a des tas!) pour les avoir à la maison, ou juste parce qu'on a souvent entendu parler d'un film et qu'on est pas prêt à investir 20 euros pour un truc qu'on ne reverra peut-être jamais.
==> si les chaînes télé se montraient un peu plus audacieuses (alors ce soir c'est Taxi ou La grande vadrouille?) et les vidéoclubs plus concernés (vous voulez quoi? Jamais entendu parler, mais on vient de recevoir Taxi 4, c'est cool) ça pourrait diminuer...Mais il faudrait aussi que les éditeurs revoient un peu leur prix à la baisse, quoique avec les blockbuster on fini rapidement par les dénicher à 5 euros à son Média Markt du coin.
Bref, je crois que le pli est pris et que ce n'est pas parce qu'on interdit de télécharger que les gens vont se mettre soudainement à acheter plus de films ou à aller davantage au ciné (7 à 8 euros la place contre 3,5 voici 10 ans en Belgique, bravo!) L'offre est trop importante et l'industrie a créé tant de nouveaux besoins (gsm, télé HD, mp3, home cinéma, console de jeux, internet, caméra numérique, GPS,...on vivait sans tout ça il y a 10 ans et il faut bien trouver l'argent quelque part) que les budgets du consommateur ne suivent pas, fatalement.
Et il y a quand même une aberration à vendre d'un côté des ordi avec disque dur d'un terra-octet, des graveurs ultra-rapide, des DVD vierges à 10 euros le rack de 25, des lecteurs portables et...de l'autre simplement dire "c'est pas bien"...
C'est un peu vouloir le beurre et l'argent du beurre.
M'enfin le débat est vaste...le téléchargement reste un outil (bon ou mauvais ) qui m'a permis de découvrir plein de titres ultra-rares des profondeurs...Maintenant est ce que je fait du mal à un obscur cinéaste des années 70 qui a commis un western bis, un gore oublié ou un porno chic? Pas sûr...évidemment si c'est pour voir le dernier Harry Potter en qualité screener pourrie c'est moins excusable...et encore, je ne voudrais pas être à la place d'un gamin d'aujourd'hui qui doit trouver l'argent nécessaire à tout ça parce que vu la flambée des prix il lui reste quelle solution au gamin? Mais là on s'écarte trop...
A plus!
Effectivement
Tu as raison, et je pense qu'avec l'essor d'internet , du haut débit et de la fibre optique le problème va devenir imposant dans les années à venir.
Il faut que l'industrie s'adapte en proposant gratuitement (mais financé par la pub) des longs métrages sur des sites du type Youtube, Dailymotion & Co. (à voir la news sur Jackass 2.5 à ce sujet).
Au moins, avec ce système, les kids regarderont les films avec de la pub au milieu (comme à la télé) et les cinéphiles poursuivront leurs achats de DVD => dans les deux cas l'argent rentre !
Enfin, on peut rêver.

