Jumper
Les "Jumpers" sont des personnes hors du communs capables de se téléporter ou bon leur semble. Lorsqu'il découvre son pouvoir, David Rice décide d'utiliser ses compétences uniques pour voler de l'argent et s'offrir une vie de luxe. Malheureusement, il est repéré par une organisation composée de "Paladins" bien décidés à l'éliminer.

Réalisé par Doug Liman (La Mémoire dans la Peau) Jumper est un film d'action assez basique qui ne s'embarrasse pas de fioritures. Ainsi, nous n'en apprendrons que très peu sur ces super-héros originaux car le métrage se contente d'enchaîner les scènes spectaculaires les unes après les autres.
Les personnages ne nous apprennent que peu de chose (la petite amie, la mère et le père sont insignifiants) et seul l'ami Jumper (un brillant Jamie Bell) de notre héros parvient réellement à retenir l'attention du spectateur.
Le vrai problème vient finalement des personnages, mal définis, et du concept de base mal exploité. Nos amis Jumpers finissent par faire des allé-et-retours entre deux lieux sans grande originalité. Du coup, on aura imaginé des choses extraordinaires (arrivée dans une fusée, dans des grottes, dans des endroits secrets défenses, la Zone 51, des tueurs à gage Jumpers, etc.) qui à l'arrivée ne se retrouve pas dans le récit.
Heureusement les séquences d'action spectaculaires répondent présentes et les effets spéciaux sont à la hauteur. D'ailleurs, les fanas de scènes décérébrées y trouveront leur compte grâce, notamment, à une excellente scène située entre Londres et une région désertique.
Globalement on peut s'estimer à peu près satisfait de ce premier opus d'une trilogie Jumper en devenir mais on espère évidement que les prochains épisodes parviendront à approfondir un peu plus la thématique laissée de côté dans cette épisode.
Where the Buffalo Roam
Hunter Thompson et son acolyte l'avocat Lazlo entretiennent une relation fusionnelle qui leur permet d'envisager ensemble les délires les plus tordus. Pourtant, les années passent et Lazlo commence à perdre le contrôle alors que Thompson devient un écrivain célèbre grâce à ses romans et à ses articles.
Inspiré autant des écris que de la vie de Hunter Thompson, Where the Buffalo Roam est un film audacieux et est la première adaptation cinématographique de l'oeuvre de l'inventeur du journalisme gonzo (un genre qui prône une grande subjectivité).
Pour le rôle difficile du « docteur Gonzo », Bill Murray est choisi. Et, il faut dire qu'il s'en tire pas mal du tout ; sa performance sera toutefois surpassée par celle hallucinée de Johnny Depp dans Las Vegas Parano.
D'ailleurs, il n'est pas innocent de comparer les deux films car ceux-ci contiennent quelques scènes communes (dont celle, fameuse, de auto-stoppeur). Le traitement des deux métrages est cependant radicalement différent. Alors que Where The Buffalo Roam adopte un point de vue objectif (l'action est vue par un spectateur innocent qui ne fait que constater les délires de l'écrivain), Las Vegas Parano propose un point de vue férocement subjectif dans lequel l'action est systématiquement déformée par l'oeil de Thompson (les personnages se transformant en lézards).
Certes, le traitement est différent, mais les écrits restent identiques. En ce sens, si le phrasé particulier de Hunter vous fascine, il sera bien difficile de résister à ce film.
Car, malgré ses défauts (une action décousue et une mise en scène sans originalité) Where The Buffalo Roam explore toute une partie de la vie de Hunter Thompson (de 1968 à 1973) et devient de ce fait un document étonnant sur l'un des plus grands écrivains américains.
- A voir dans le même style : Las Vegas Parano
Cloverfield
Rob part travailler au Japon. Pour fêter l'événement, ses amis organise une soirée d'adieux. Toute la petite troupe s'amuse beaucoup lorsqu'une gigantesque explosion ébranle Manhatan. Après s'être retrouvé dans la rue, Rob et ses amis assistent impuissants à l'effondrement d'un immeuble. Ils filmeront ensuite toute leur fuite à l'aide de leur caméscope.
Le concept de Cloverfied est celui de raconter une situation invraisemblable du point de vue d'un individu lambda filmant la scène au caméscope. L'idée n'est pas nouvelle puisque ce principe a été utilisé dans de nombreux autres films que ce soit intégralement (Le Projet Blair Witch) ou pour certaines scènes (Cannibal Holocaust, Benny's Vidéo). Ce nouveau film du genre utilise ce procédé pendant toute sa durée avec une réelle efficacité. Mais si les fondements du récit reposent sur l'idée d'événements relatés par une personne ayant vécue l'action, Cloverfield ne se raccroche pas à une possible réalité, ou tout du moins pas véritablement (on a jamais essayé de faire passé le film pour quelque chose s'étant réellement produit, contrairement au Projet Blair Witch).

Il faut noter qu'un film de ce type ne serait rien sans des acteurs inconnus mais excellents. Une fois de plus on ne déroge pas à la règle puisque le film repose essentiellement sur les acteurs souvent impeccables. La mise en scène est limitée au minimum, mais marque le récit d'un rythme bienvenu (la scène de fusillade avec l'armée qui amène les héros dans le métro) qui rend le tout plus digeste. De plus, un minimum de montage – assez surprenant - est assuré par la présence d'une vidéo déjà présente sur la carte mémoire. Cette vidéo, présentant Rob et une amie à lui, s'efface au fur et à mesure que les événements de Cloverfield sont capturés par la camera. Ce procédé instaure un malaise supplémentaire chez le spectateur qui voit l'ancienne vie de Rob être effacé petit à petit par cette histoire de SF tournée façon hyper-réaliste.
Globalement le spectateur peut s'estimer heureux avec Cloverfied car il aura trouvé ce qu'il sera venu chercher. On espère maintenant que cette nouvelle franchise donnera des suites aussi réussies que ce premier épisode.
Les Dents de la Mer
Sur la page d'Amity, les restes d'une jeune femme sont retrouvés. Pour le chef de la police, il ne fait aucun doute qu'un requin est responsable du massacre. Pourtant, le maire refuse de fermer les plages pour ne pas pénaliser la saison estivale. C'est alors que les incidents s'enchaînent et qu'une grande chasse est organisée...

Les Dents de la Mer est le film qui a révolutionné le film de monstre pour lui rendre ses lettres de noblesses perdues depuis la grande époque Universal (Frankenstein, La Momie, etc.). Pour cela, Spielberg est engagé et les scénaristes (dont John Milius) se succèdent pour pondre le script fou narrant les aventures d'un requin géant mangeur d'hommes. Car si Les Dents de la Mer est réussi c'est avant tout grâce à son scénario (capable de tenir le spectateur pendant presque une heure sans montrer le squale) et à sa mise en scène. Les acteurs ne sont pas en reste et campent parfaitement leur personnage (avec une petite pensée pour Roy Scheider qui nous a quitté il y a peu).
Il ne faut cependant pas négligé la star du film ! En effet, le requin répond parfaitement aux besoins du film en apparaissant aux bons moments et de façon souvent inattendue.
Finalement, c'est plus la mise en scène – qui mixe avantageusement le film de monstre et le film d'aventure – qui a fait des Dents de la Mer le chef d'œuvre que l'on connaît (avec, entre autre, les scènes aquatiques inspirées par L'Etrange Créature du Lac Noir).
Une dernière chose : il est inadmissible de ne pas avoir vu Les Dents de la Mer ! Vous savez ce qu'il vous reste à faire...
- Dans le même genre : La Mort au Large
30 Jours de Nuit
Tout au nord des Etats Unis, en Alaska, il existe une ville plongée dans la nuit complète pendant 30 jours. Attirée par cette particularité, une horde de monstres sanguinaires plonge cette ville dans la terreur un mois durant en chassant tous les habitants.
Doté d'un concept enthousiasmant, 30 Jours de Nuit est un petit film d'horreur gore qui ne fait pas dans la dentelle. En effet, le gros gore qui tâche est au rendez-vous pour le plus grand plaisir des amateurs. A travers quelques scènes bien saignantes le film affirme sa lointaine parenté avec Une Nuit en Enfer ou La Nuit des Morts Vivants. Mais, même si les références sont présentes, le film ne copie jamais vraiment ses aînés.
Ce principe marque le film d'une certaine originalité mais empêche aussi l'histoire de vraiment décoller par une limitation forcée des situations. Ainsi, les concepts intéressants sont écourtés au profit de nouveautés parfois un peu vite expédiées (la perfusion !) sans être réellement développés.

L'interprétation est acceptable et seule la mise en scène peine parfois à mettre en valeur les scènes d'actions du récit (l'image est saccadée ! Une astuce devenue une habitude très déplaisante pour le spectateur). De même, la tension est quasi absente et les scène d'émotions ne sont pas ce qui s'est fait de mieux dans le genre.
N'empêche que globalement - et malgré un rythme plutôt lent - 30 Jours de Nuit est assez réussi dans son genre.
Certes, le film aurait mérité 15 minutes de moins pour le transformer en vrai actioner gore efficace. Mais, finalement, on ne peut s'empêcher d'avoir de l'affection pour 30 Jours de Nuit, un efficace film d'horreur idéal pour les longues soirées d'hiver.
L'Etrange Créature du Lac Noir
L'Etrange Créature du Lac Noir est un classique du studio Universal période années 50. On retrouve une expédition de scientifiques à la recherche d'une mystérieuses créature mi-homme mi-poisson vivant dans une région reculée.

Réalisé par Jack Arnold (qui fera toujours un excellent travail dans le domaine du fantastique/SF), ce film préfigure les débordements aquatiques qui seront à la mode à la fin des années 70 et au début des années 80 : Les Dents de la Mer et Piranhas en tête de liste.
Bien sûr, ici point de meurtres sanglants mais plutôt des attaques violentes et rapides de la créature qui décime l'équipage du bateau petit à petit. Certes, le frisson est limité mais l'ambiance du métrage et ses belles images sauvent la mise (les scènes sous-marine sont toujours d'une grande beauté). Il faut en fait aller plutôt chercher la ressemblance avec le film King Kong. Dans ces deux histoires la pauvre créature est attaquée dans son habitat naturel et finit par être attirée par le personnage principal féminin. De plus, l'interprétation est à la hauteur et propose un casting d'acteurs charismatiques.
On notera aussi que le film fut origniellement projeté avec des scènes en trois dimensions, une particularité qui sera réutilisée pour Les Dents de la Mer 3 et dont il est bien difficile de profiter aujourd'hui.
L'Etrange Créature du Lac Noir est donc un film intéressant qu'il serait dommage de négliger en raison de son âge. A voir ne serait-ce que pour les scènes sous-marine.
Shooter Tireur d'Elite
Un ancien militaire expert en tir est contacté pour contrer l'assassinat du président des États-Unis. Malheureusement, il se trouve face à un coup monté qui le force à lutter contre ses employeurs.
Shooter est un film d'action sur lequel souffle un vent patriotique qui est, c'est vrai, assez énervant de prime abord. Pourtant, ce retour au film d'action basique type "flingues et gros bras" n'est pas déplaisant.
Mark Wahlberg y incarne un militaire assez convainquant et conscient de ses faiblesses ("Dès qu'on appuie sur le bouton 'patriote' je fonce") et est épaulé par un Danny Glover qu'il est bon de revoir dans un film d'envergure. Certes, on ne trouvera rien de transcendant dans ce Shooter, mais la recette est efficace.

De façon plus intéressante, le ton du film change radicalement en cours d'histoire pour passer à la vitesse supérieure. Les drapeaux américains se font moins présents, les autorités américaines se font plus troubles, les fautes de l'armée américaines sont mises en valeur et certains chefs du gouvernement finissent par être destitués. Le constat s'avère assez troublant et symptomatique de l'époque politique trouble traversée par les États-Unis. Mais ceci ne doit pas écarter la vraie démarche de ce film réalisé par Antoine Fuqua : divertir le spectateur en mal d'explosions en tout genre !
Finalement, on ne retient pas grand chose de Shooter, les scènes de tir (promises par le titre du film) sont anecdotiques et les scènes d'action juste correcte. L'histoire ne vole pas très haut non plus mais assure le minimum syndical en terme d'action. Un film pop-corn idéal pour le samedi.
La Tranchée
Pendant la première guerre mondiale, une division de l'armée anglaise se retrouve perdue en territoire ennemis après une bataille sanglante.
L'unique survivant allemand du lieu est enfermé et les hommes décident d'aménager la tranchée pour y attendre des secours. Rapidement, des évènements étranges se produisent et les soldats deviennent rapidement instables, certains sombrant carément dans la folie.

Doté d'un casting très classe, le film La Tranchée est pourtant un film d'horreur dans la plus pure tradition du genre malgré son contexte historique. Ainsi, le récit suit le schéma habituel de ce type de métrage : exploration des lieux, montée en puissance de la tension, explosion finale et finalement explication du pourquoi du comment. Bref, rien de bien nouveau dans cette tranchée. Heureusement, c'est justement le côté historique qui parvient à hisser cette Tranchée au dessus de la concurrence.
En effet, la mise en scène mise de Michael J. Bassett sur une reconstitution des lieux aboutie. Il en résulte un décors apocalyptique pluvieux et extrêmement boueux du plus bel effet. Si l'on ajoute à cela des acteurs dévoués à la cause (Jamie Bell, Andy Serkis), on trouvera des scènes chocs spectaculaires comme un combat avec un soldat couvert de boue ou des acteurs luttant contre des fils barbelés ! Toutes ces bonnes choses parviendront sans aucun doute à faire oublier le rythme un peu lent de l'entreprise.
Bref, La Tranché constitue un divertissement homogène qui parviendra sans peine à détendre les amateurs de contes horrifiques. Les autre peuvent tout de même se laisser tenter par la reconstitution de la vie dans les tranchées pendant la première guerre mondiale.
Dead Silence
Une jeune femme meurt dans des circonstances étranges (sa langue a été arrachée) juste après avoir reçu une poupée de ventriloque. Bien que suspecté du meutre de sa femme, son mari décide de mener sa propre enquête en remontant la piste laissé par la poupée.
Après l'électrochoc que fut Saw, on était en droit d'attendre impatiemment le dernier film de James Wan. Heureusement, Dead Silence est désormais disponible en DVD outre-atlantique et il est temps de s'intéresser à son cas.
Les amateurs de barbaque en tout genre seront sans doute déçu par ce nouveau métrage. Mais ceux-ci ont vraisemblablement oublié les fondements du concept induit par Saw et son scénario retord. Dead Silence emprunte sans surprise le même chemin en guidant le spectateur là où bon lui semble ! Le spectateur se retrouve donc manipulé comme c'était déjà le cas dans Saw dont le final est resté longtemps dans les esprits.

Cependant, nous ne ferons pas l'erreur de réduire l'oeuvre de James Wan à ses twists finaux. En effet, le jeune auteur démontre un talent tout particulier pour instaurer une ambiance grâce à des effets de mise en scène particulièrement réussis. Reprenant à son compte les codes du film d'horreur (revenants, maisons abandonnées, cimetières, etc), Wan construit son film sur un rythme soutenu qui permet de ne pas s'ennuyer. D'ailleurs, l'omniprésence d'une poupée maléfique dans presque chaque scène suffit pour instaurer le malaise chez le spectateur.
On pourra regretter une interprétation en demi-teinte, mais ce défaut ne sera pas suffisant pour nous empêcher d'éprouver du plaisir à la vision de ce bon petit film horrifique.
Dead Silence est un film qui devrait convenir à tous les amateurs de films d'horreur ne serait-ce que pour son final !
Lord of War
Lord of War traite du sujet délicat des marchants d'armes. Le récit est centré autour du personnage interprété par Nicolas Cage qui gagne sa vie en vendant toute sorte d'armes, alimentant ainsi les guerres du monde entier.
Malgré la gravité du thème abordé, Andrew Niccol (déjà responsable du chef d'oeuvre Bienvenue à Gattaca) signe avant tout un divertissement à l'esthétique rafinée avec une mise en scène de grande classe sans jamais faire dans l'esbrouffe. Ce choix s'avère payant car, en dépis de scènes coups de poing (dont le fameux générique dans lequel on suit la "vie" d'une balle destinée à se retrouver encastrée dans la tête d'un enfant), le ton n'est jamais moralisateur. La structure du film est même très classique et sans sa thématique sulfureuse, il ne serait sans doute pas passé inaperçu ! Seulement voilà, Lord of War présente réellement la vie d'un marchant d'arme internationnal et tout est fait pour exposer les faits afin de mieux comprendre le fonctionnement (et les raisons) de ce type de transaction. L'interprétation au poil des différents acteurs (Cage, Jared Leto, Ethan Hawke, Ian Holm) et la finesse des dialogues finissent de rendre l'ensemble indispensable.

Il est important de dire quelques mots au sujet de la psychologie des personnages. En effet, le film est construit pour avoir un éventail assez important de réactions qu'on peut rencontrer face à ce genre de situation. Le contraste entre les deux frères (interprétés par Cage et Leto) est d'ailleurs saisisant. L'un sombrant dans la drogue et l'autre travaillant sans relache pour devenir le meilleur et approvisionner toujours plus d'armées.
Vous l'avez compris, Lord of War est un véritable coup de coeur. Difficile dans ces conditions de lui trouver des défauts (bon il y a peut être le personnage féminin à la fonction pas très claire) et sans complexe que je recommanderais la diffusion de ce film dans tous les lycées de France !
A noter un drôle de détail : la présence sur le DVD français d'un bonus présentant l'historique de certains armes en circulation. Un contenu un peu douteux pour un film de ce calibre !

